‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 35 sur 92 · D. RODRIGUE, ELVIRE · texte numérisé non relu

D. RODRIGUE, ELVIRE

J^oDRiGVB , qu*a$-tu fsàt ? Où viens-tu» misérable i

D« Rodrigue.

Suivre le triste cours de mon sort déplorable.

Oh prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil , De paroître en des lieux que tu remplis de deuil? Quoi i viens-tu jusqu'ici braver l'ombre du Comte? Vt ra»-tu pas tué }

D. ROI^RIGUB,

Sa vie dt^ ma honte :^

Mon honneur , de ma main , a voulu cet effort*

Mais chercher ton asyle en la 'maison du mort!

Jamais un meurtrier en âc>il son refuge ?

D. Roi>RIGUR.

£t je n'y viens aussi que m'offirir à mon juge,

Kc me regarde plus d'un visage dtonnd ;

H cherche le uépas, apris l'avoir donnd<

Mon juge est mon atnonr « tnon juge est ma Chhncne^g

Je. mérite la mort de mériter ^a haine >

Et j*çn viens recevoir , comme un bien souverain »

Et i'arrct de sa bouche , et le coup de sa maitt»

Fuis plutôt de ses yenx , fois de sa i^olence $

A SCS premiers transports dérobe ta présence: Va , ne t'expose point aux premiers mouvemena Que poissera Tardeur de ses ressentimens»

D. Rodrigue.

Non , non : ce cher objet à qui j'ai pu déplace > Ne peut pour mon supplice avoir trop de colère ; Et d'un lieur sans pareil je me verrai combler » Si pour mourir plus tât je puis la redoubler.

Chimene est au Palais , de pleurs toute baignée » Et n'en reviendra point que bien accompagnée.

Rodrigue, fuis , de grâce , ôtc-moi de souci. Que ne dirart-on point si Ton te voit ici } Veux-tu qu'un médisant y pour comble à sa misère , L'accuse d'y souffrir l'assassin de son pere i Elle va revenir..»» Elle vient \ je la voi :

Du moins , pour son honneur , Rodrigue ^ cache-toir

( U /r cache. )

TRAGÉDIS. jff

Page 1