‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 41 sur 92 · SC£N£ PREMIERE · texte numérisé non relu

SC£N£ PREMIERE

CHIMË.NE., £LVIRE.

CUIUBMB.

I^BST-cB point un fiiiixbruit î Lesais-tu bien , Etvire i

Vous i^e croiri^ jamais comme chacun Tadmire t Et porte jusqu*àu del, d'une commune voix »

De ce jeune héros les glorieux exploits.

Les Mores devant lui n*ont paru qu^à leur honte ;

Leur abord fut bien prompt , leur fuite encor plus . prompte;

^^Tiolp heures de combat laissent à nos guerriers Une victoire entière , et deux Bois prisonniers ; La valeur de leur chef ne trouvoit point d'obstacles.

Et la main de Rodrigue a fait tous ces miotcles?

JOe ses nobles efforts ces deux Rois sont le prix ; Sa main les ^vaincus, et sa main les a pris.

•Se qui peux-tu savoir ces nouvelles étranges î

Du Peuple qui par-tout fait sonner ses louanges^ Le nomme de sa joie et l'objet et Tauteur , Son ange tutélaire * et son libérateur.

Et le Roi » de quel œil voit-il tant de vaillance }

Kodrigue n'ose encor paroitre en sa présence ; Mais Don Diegue ravi lui présente enchaînés » Au nom de ce vainqueur > ces captifs couronnés » Et demande pour grâce à ce généreux Prince Qu*il daigne voir la main qui sauve la ProvmC€«

Biais n'est-il point blessé ?

Je n*en ai rien appris...»

Vous changes de couleur l Reprenez voe espdtt.

Reprenons donc aussi ma colère afibiblie.

Pour avoir soin de lui, faut-il que je m'oublie? On le vante , on le loue , et mon cœur y consent ! Mon honneur est muet « mon devoir impuissant ! Silence , mon amour , laisse agir ma colère : S*il a vaincu deux Rois, Ua tué mon pere.

Ces tristes v8tcmcns , où je lis mon malheur 9 Sont les premiers effets qu'ait produit sa valeur ; Et quoiqu'on dise ailleurs d'un cœur si magnanimt # Ici tous les objets me parlent de son crime.

Vous qui rendez la force à mes ressentimens ^ Voiles, crCpes , habits, lugubres ornemens,

TRAGÉDIE

Yompe que me prescrit sa première victoire ^

Contre ma passion soutenez bien ma gloire !

£t lorsque mon amour prendra upp de pouvoir t Parlex 1 mon esprit de mon triste devoir ; Attaquez sans rien craindre une main triomphante !

El V I R I. ^ Mod<^rex ces transports , voici venir l'Infante*

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