‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 57 sur 92 · I.e mot d^arborer , fort bon pour les étendards « ne · texte numérisé non relu

I.e mot d^arborer , fort bon pour les étendards « ne

vaut rien pour les arbres ; il falloit y mettre : planter.

Pleure:^, pleure^, mes yeux , et fondez-vous en eau ^ La moiti/ de ma vie a mis Vautre au tombeau , Et m*Mige â venger, après ce coup funeste , Celle que je n'ai plus , sur celle qjii me reste»:^

Cet quatre vers, que Ton a trouvés si beaux 9 ne .sont

pourtant qu'une happelourdc *, car, premicrcment , ces yeux fendus donnent une vilaine idée à tous les esprits délicats. On dit bien : fondre en larmes ; mais on ne dit point : fondre les yeux. De plus » on appelle bien une maîtresse , la moitié de sa vie; mais on ne nonime point un perc ainsi. Et puis, dire : que la moitié d'une vie a tué Tautce moitié » et qu*on doit venger cette moitié suc Tautre moitié, et parler et marcher avec une troisième vie, après avoir perdu ces deux moitics , tout cela n'est qu'une fiiusse lumière , qui éblouit l'esprit de ceux qui %t plaiséfft ft la voir bdlier.

JR âéddre mon coeur f mnspartagermait ame»*mm

' ^ *€e v^rs n*est encore» imon avis», qu'un galimathias

pompeux 5

îhnpeiix ; car le cœur et Tame sont tous deux pris , en ce iens , pour U partie où ri^idenc les pasdons.

Quoi / du sang de mùn pm tneor tome trempée /....

Ce vers me fait souvenir fiu'ii y en a un autre tout (areil qui dit : .

. Quoi l da sang de Rodrigue eneor toute tretnpée

Cette conformité de mou > de rime etilcj>epsà5 > montre une grande stérilité.

Mais saiu quitter l'envie»

11 falloit dire : sans perdre l'envie i ce mot de quittif a*est pas en son lieu.

^ux traits de ton amour ^ ni detond/sespoin*^.

Ce mot de trait, en cette signification , est populaire, et s'U eût dit : aux effets » la phrase eût M bien plut aoble.

Vigueur, vainqueur j trompeur, peun.*m

Ce sont quatre Élusses rimes, qm se touchent» et qu'un cq>rit exact ne doit pas mettre si pr^«

Ma crainte est dissipée, et mes ennuis cessés,,*»

Ce n'est point parler François; on dit : finis, ou terminés , et le mot de cessés ne se met jamais comme il est là.

Oii fut Jadis Vajfront que ton courage efface,... Ce jadis ne vaut rien du tout , en cet endroit , parce

qu'il marque une chos&faiu il y alang*tems, ^ oauf

1,4 OBSERVATIONS

sarom qu*U n*Y a que quatre qu cinq heuces que 909 Dicgue a ccçu le soufflet dont il eatend parler»

, ^ , . • • Et It sang qui m'anitnif9

L* Auteur n'est pas bon Anatomistc : ce n'est point le sang qui anime , car il a besoin lui-même d'être animS par les esprits vitaux qui se forment au coeur , et dont . îl^ n'est > pour user du terme de l'art , que le véhicule*

JJur brigade ttoit pr//<#.««

Cinq cents hommes est un trop grand nombre pôUt ne rappeller qu'une brigade : U y a des régimens entiers qui n'en ont pas davanuge > et quand on se pique do vouloir parler des choses suivant les termes de l'art , il en faut savoir la véritable signification , autrement on paroît ridicule en voulant paroître savant»

à MUS voir ihardier m si hrn équipage..*.

Ccst encore parler de la guerre en bon bourgeois qui va à la garde ; au lieu de ce vilain mot d'équipage , qui ne vaut rien là , U .£aUoit dire : en si bon ordre.

Sortir d'une bataille , et combattre à Pinstant.... Tout de même i ce combat des Mores, Éwt de nuit^' n'étoit point une bataille.

Que ce Jeune Seigneur endosse U hamois,...

Ce jeune Seigneur qui endosse le hamois » est dH tons de. Moult , de Picça et d'Ainçois.

. . « ^ ; « £^ leurs terreurs s'oublient,9**

'^OOk ne TOAt rient on doit dk^ âniuent y cesseOT^

SUR LE GID. \ii

%a se dissipent ; car ces terreurs qui s'oublient elles*

mêmes , ne sont qu'un pur galimathias.

• ••••• ContnfàiHS te trUtis

Ce mot de contrefaites est trop bas pour la Poésie t on doit dire : feignez d'être triste. Il y a encore cent Ciatcs pareilles dans cette Pièce , soit pour la phrase ^ on pout la construction ; mais, sans m'arrSter darvan*» tage 9 je veux passer de l'examen des vers à la ptcuva des larcins » aussi-tôt que pour montrer comme cee

Auteur est st<5rile , j'aurai fait remarquer combien de ibis dans son Focme il a mis les pauvres lauriers si cominuns s voye;p4e , je vous en supplie.

lîs y prennent naiffonceaa nUîieu des îaurierst^êé

JLaurier dessus ,hurier g. vidoire sur victoire.».» ^ Que pour voir en un four jUtmr tant de lanrierr,.»^

Tout couvert de lauriers, craigne^ encor la foudre,

Mille et mille lauriers t dont sa tiieett couverte».** Au milieu de VAfrique arborer ses' îatriérs.l.*

J'irai y sous mes cyprès^ accabler ses lauriers,.»» "

Le ehef^ au lieu de fleurt , eçwoméde lauriert.:i Jaù gagnant ^ laurier , vous impose Silence*

La dernière partie de mon Ouvrage ne me donne pas plus de peine que les autres. Le Cid est une Co« snédie Espagnole , dont presque tput ^otdr^ , scène pour scène , et toutes les pens<£es de la Françoise , sont tirds; et, cependant, ni Mondori, ni les affiches» ni rimpression n'ont appelié ee Poëme » ni tfÉduction , ni f araphi;^!^.^ ni IçiUmfîfi^im^^ÛW p loais bien eQi)nt^

Mij

n» OBSERVATIONS

ils parlé comme d'une chose qui seroit purement 1 celui qui n'en est que le Traduaeur > et lui-môme a dit » comme un autre a remarqué,

Qu*iî ne doit qu'à lui seul toute sa renommée.

Mais» sans perdre une chose si précieuse que le tems» ttouveft bon que fe m^acquitte dt ma promesse » et qu%

je fassQ voir que j'entends aussi TEspagnoU

De mis hastgnaf cscritas >

Dare al principe un translado,

Y a prendera en lo que hise Sino' aprende en la que hago^

Pùar s^insmUn d'êMempU^ en d/pit âi Pmnifie.^ Il lira seulement l'histoire de ma

Hssc sentimicnto adoro, £ssa coiera me agrenda i

• • • • , • Agréable colère !

Digne ressentiTnettt à ma douleur bien doiuc /

Lava > lava con sangre , Porque el/honor que «e lava»

Con sangre se lia de lavar»

Ce n'est que dm te smg qu'oie lave m ul enunige^

Poderoso es el contarti<K Je te étonne à combattre un homme à ndouten

A qui offensa y a illi espada* £ufin tu sais l'affront ,ettu tieiu la vengeance^

SUR L£ CID

Ko tengo tnzs quç de xirtCt ne te dis plus rien • • »

Y voy allorar aflEcentas.

Accable de malheurs oîi le destinnu range 0- Je m*en vais les pleurer*

Siii padce el offendido ( estragna pena)

Y elofFensor, cl padre de Ximena.

• ••••• 0 Dieu ! V/trange peint t

En cet affront mon fere est l'offense ^ Ei l'offenseur U ptrt de Chimine.^

Confieso que fua locura 9 Ma no la quicro emcndar.

Je l'avoue entre nous , quand je lui fis l'affront , J'eus le sang un peu chaud , et le hras un peu prompt $ Jdais puisque c*en est fait , le coup est sans remède»

Que los hombrescomo yo , Tienne mucho que perder.

Un jour seul ne perd pas un homme tel que mou

Y a de pcrdersc CastiUa Ancesque yo.

Tout l'Etat périra , s'il faut que je pùissc»

Crade»

Quienesi

Oigitized

OBSERVATIONS

Aç;tapactt>

Quiero dezirte qui en soi«

Qu^ me quiercs

Quiero ablatte».

A quel vicio que esu a parce »

Sabes qui en es ?

Y a lo set.

Forque los diises i

Porque î Hablo blaxo > escucha. .

Di.

Ko sabes que fne despoio

De liorra > y vallon ^

Si secia%

y que C5 sangre suya , y miS La que 70 tengo en et oio »

Sabes*

Y el sabeUos 9 Que faïadeimpoxtaK^

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