‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 63 sur 92 · ADRESSÉES · texte numérisé non relu

ADRESSÉES

A MESSIEURS DE VACADÉMIÊ Françoise , pour servir de réponse h la.

Lettre apologétique de M» Corneille,

M . ConKiTLiv témoigne , par sa réponse aux Oh*

'Nervations sur le Cld 9 qu'il est très éloigné de la modé- . tation d*un Auteur 9 qui* persuadé de la bonté d€ son Ouvrage , attend un jugement favorable de l'intégrité de ses Juges 9 puisqu'au lieu de se donner rhumillté . d'un accusé , W occupe la place des Jtiges 9 ^t se lo^ lui-même à ce ptcmier lieu , ou personne n'oseroît seu* • lement dire qu'il prétend. C'est de cette haute région que sa plume 9 qu*il croit ausd foudroyante que Félo-» quence de Périclès , lui a fait croire que des injures étoient assez fortes pour détruire tout mon Ouvrage» et que , sans combattre mes raisons par d'autres 9 it . lui «uffiiois seulement de dire <iu6 j'ai cité faux. Mai» ^

ff4 PREUVES

sans repartir à ses invectives , je me veux toujouxs conserver cette froideur qui donne aisément les vic« foires ^ et qui fàk que le jugement condiûsant la main ^ Tavantage du combat est chose îndubiubic. Je me tairai donc pour le vaincre et pour laifser parler Aristotei qui lui veut ré{>ondre pour moi,

J*ai dit en mes Observations que le Pocme dramatique ne doit avoir qu'une action principale s ce Philosophe me renseigne en sa Poétique , aux chapitres 9 > 24 ' et a6. J'ai avancé qu'il faut nécessairement que le sujet soit vraisemblable ; ce même Aristote me renseigne en trois lieux diSiérens du vingt-cinquîeme chapitre du même livre > et je pense avoir inontré bien clairement que le Cid choque par-tout cette règle. J'ai soutenu que le Pocte et l'Historien ne doivent pas suivre la mSme route. Ce Philosophe me rapprend au chap. xo de son Art poétique ; et , ensuite , j'ai montré que le sujet du Cid étoit bon pour l'Historien , et qu'il ne valoit tien pour le Poète. J'ai donné la définition du mot de fable, après l'avoir apptisc d'Aristote au chap. 6%

vers le commencement, et d'Héinsius, au livre de la con$titution de la Tragédie , chap. jé Tai dit ensuite que les Anciens s'étoient retranches dans un petit nombre de sujets qu'ils avoient presque ^us traités , pour éviter les £iutes qu*a faites l'Auteur du Cid. Aristote n\*en assure , au chap. 14 de sa poétique > et, après lui, Héinsius est mon garant, au cfaapitre9 du livre que j'ai déjà cité

^e lui. J*ai dit qu'ils avoient traite ces sujets diversement i mais je ne Vai dit qu'après Aristote et Héioiitii t i'un aa cha|;* 17 l*^uiirw çhap. 3. Pour ms^n^

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DES PÂ S S A G £ S» «ce. i^f

Érer la dispropocdim du Cid en toutes ses parties > j#

me suis servi de la comparaison de tous les corps physiques i mais je n*ai fait que l'emprunter d'Aristote ^ qui s'en sert au chap. S de son Art poétique. Tal montre que le Pocme dramatique ne doit contenir que ce qui peut vraisemblablement arriver dans vingt* quatre heures t c'est l'opinion de ce grand Stagirite ^ au chap. 8; et, ensuite, j'ai fait voir que l'Auteur du Cid avoit eu tort d'enfermer dans vingt-quatre heures des choses qui dans rHistoirc n'arrivent que dans quatre ans. Je me suis servi de l'exemple des Tragédies de Kiobé et de Jephté » pour montrer l*imper« fectîon du Cid ; mais je les ai prises d'Hcinsius , au cbap. i6, vers la fin. Tai dit que c'étoit pour des Ouvrages de la nature du Cid , que Platon n'admet-i^ aoic point la poésie i il me l'apprend lui-même, au livre JLc sa République y et Hdinsitts 4e rapporte , au traité de la satyre d*Horace , livre second. Taî dit que ce J^hilosophe , qui a mérité le nom de divin , bannissoit toute la poésie pour celle qui , commé le Cid , fsât voir les méchantes actions sans les punir , et les bonnes sans les récompenser. Aristote me renseigne, au chap* ^ de sa poétique , et, aprSslui, Héinsius, au limde lâ constitution de la Tragédie , chap. 2 et 14. J'ai dit que Platon bannissoit liomere» encore qu'il l'eût cou^ xonné. On le peut voir, au livre 10 de sa République , oa dans Héinsius , au traité de la satyre d'Horace , livré second, rai dit, en passant, qu'il 7 a trois espèces de poé-^ aies ; c'est Héinsius qui me l'apprend , au chap. a de la çonstittttioa uagique. l'ai dit que ce qu'on vois

Me V K E V y t S

touche plus que ce qu'on ne fait qu'entendre ; c^est- Horace qui Tassure ».cn son Art poétique* J'ai soutenir qu'il £iut que les actiom soient la plupart bonnes dans un Pocmc de Théâtre : Aristote l'enseigne ainsi , au. chap. x8 de sa Poétique » et, apris, i'ai fait voir qi^e ^utes celles du Cid ne valent rien. Tai rapporté l'exemple d*£uripide i Héinsius Ta fait devant moi ,au chap. 14 de la constitution tragique. Tai cité Marcellin, au livre 27 : on le peut voir « ou bien Héinsius , au tiaîcd de la satyre d'Horace , livre 2 ; et c'est en cet çndroit que j'ai montré que le Cid choque directe* ment les bonnes moeurs. J'ai dit sur ce sujet que la volonté fait le mariage 9 mais je ne l'ai dit qu'après les Canonistes et les Jurisconsultes » au titre des noces# Tout ce que j'ai avancé touchant le sujet simple ou mixte y est rapporté d'Aristote, au chap. 11 de son Are poétique, dans lequel on Voit la condaitinatton du Cid. r.ii souicnu qu'il ne faut rien de superflu dans, la scede. Ce Philosophe me l'enseigne , au chap. 9 du même livre ; et, ensuite, l'ai montré les fiiutes de cette nature qu'on peut remarquer au Cid. Je me suis servi de l'exemple de l'Ajax de Sophocle : on peut voir ce que j'en ai dit , dans la traduction qu'en a faite Joseph Scaliger, ou dans Héinsius., chap. 6 de sa constitution tragique. Ta! fait voir quels doivent être les épisodes s mais ce n'est qu'après Aristote , qui me renseigne, aux chap. 10 et 16 de sa Poétique , et c'est par lui que j'ai montré bien clairement que ceux du Cid ne valent rien du tour. Je me suis fortifn! de l'exemple de Teuw et de Jdéaélaîis f apr^ Héiusius 9 au chap. 6 de la

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eonstkueion de la Tngédie , et Scalper le fils , dans

SCS Poifsics. Il n'est pas jusqu'aux choeurs et à la musique dont j'ai parlé > que je ne prowe par Héimiust aux chap. 17 et 26. Enfin on peut lire tout ce que j*ai cite , dans ces Auteurs , et dans ces passages que je marque» et l'on verra que la réponse de M. Corneille est aussi fbible que ses injures , et que > s*il ne se défend pas mieux que cela , je n'aurai pa& besoin dc toutes Oies forces pour TempSchec 4e se relever»

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