‹ Chefd'œuvres de P. CorneilleChapitre 92 sur 92 · X40 SENTIMENS SUR LE CID · texte numérisé non relu

X40 SENTIMENS SUR LE CID

en beaucoup de lieux , aussi-bien que la bonne disposition du Thdatre » et qu'il y aie beaucoup de veis bas » et de façons de parler impures^ néanmoins la naïveté et la véhémence de ses passions, la force et la délicatesse de plusieurs de ses pensées , et cet agrément inez-* plicable qui se mclc dans tous ses défauts , lui ont acquis un rang considérable entre les Poèmes François de ce genre. Si son Auteur ne doit pas tome sa réputation i Bon mérite , il ne la doit pas toute i son bonheur , et la nature lui a été assez libérale pour excuser la fortune 9 «i elle lui a été prodigue* C

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Céi. PoéoiQ a t^nt d'airanugcs du côt£ du sujet » tt ils pcméfs brillantes dûnt U est semé , que la plupart 4qs^$ Auditeurs n'ont pas voulu voit les dëiauu de sa conduite 9 et ont laissé enlorec kuit sofiages au plaisir que leur a donné sa représentation. Bien que ce soit celui do tous mes Ouvrages réguliers ou Je me suis petwk le plus de lioenœ » il passe encore pour le plus beau , auprès de ceux qui ne s'attachent pas à la dernière sé« Hiériaé dea la^ee « et depuis Tiage^trois ans qu'il dent sa placcsur nos Théâtres « rhistoire, ni l'effort de i'imagi* aation n'y ont àon iait voir qui en ait effacé l'éclat» Aussi a-a-U le» deux grandes conditions que demande Aiistote aux: Tsagécfies parâutes > et dont Tassembiage se rencontie si raiment dm les Anciens et les Moder« nés. Il les assemble même plus fortement et plus no« blemen^ » que ks espèces que pose ce Piiilosopfae*

Une Makresse quesondevoir force à poursuivre la mott dasoa Amant 9 qtt*«Ue tiemMe dN>btenir , a les passions plus vives et plus allumées, que tout ce qui peut se passer mtsauA mari et sa femme t une mero et son &is t un ftete ecsasoBUjç ; etla hauta wm», dans un naturel sen« sible k ces passions » qu'eil» dompte sans les alfoiblir »

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«t à qui laisse toute leur force, pour en triompha plus glorieusement , a quelque chose de plus touchant»

de plus élevé et de plus aimable que cette médiocre bonté, capable d'une foiblesse» et même d'un crime ,

où nos Anciens «ftoient contraints d'arrêter le caractère

le plus parfait des Rois et des Princes ; dont ils faisoicnt leurs Héros, afin que ces taches et ces forfaits, défigurant ce qu'ils leur iaissoient de vertu, s'accommodas* sent au goût et aux souhaits de leur» Specuceurs , et

fortifiassent Thorreui qu'ils avoient conçue de leur domination et de la monarchie.

Rodrigue suit ici son devoir , sans rien relâcher de sa passion : Chimene fyit la même chose à contour , sâns laisser ébranler son dessein par la douleur où elle se voit abinoée par-là » et si la présence de son amant lui fait faire quelque hux pat , £*est une glissade dont elle se relevé à l'heure même ; et non«seukment elle connoit si bien sa foute qu'elle noue-en avertit , mais elle fait un prompt désaveu de tout ce qu'une vues! chère lui a pu arracher. U n'est point besoin qu on lui repro* che qu*il lui est hontcmx de souffrir Tentretien de son amant » aptes qju'ii a tue son peie i elle avoue que c'ese la seule prise que la médisance aura sur elle* Si elle s'emporte jusqu'à lui dire qu'dUe veut bien qu'on sache qu'elle l'adore et le poursuit , ce n'est point une résolution si ferme , qu'elle Tempêche de cacher son amM>uir de tout son possible , loisqu clle est en la présence

du Aoi» S'il lui échappe de Tencoutaget au combat contre Don Sanche ^ par ces paroles «

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«Storr vainpuuri^ combat dont Chinme tst U prix ,

elle ne se contente pas de s'enfuir de honte au mcme moment ; mais si-tôt qu'elle est avec Elvire ^ à qui elle ne déguise rien de ce qui se passe dans son ame, et que la vue de ce cher objet ne lui fait plus de violence » elle ferme un souhait plus raisonnable , qui satisfait sa vertu et son amour tout- ensemble > et demande au Ciel que le combat se termine %

Sans faite aucun des deux ni vaincu , ni vainqueur.

Si elle ne dissimule point qu'elle penche du côté de Kodrigue , de peur d'être, i Don Sanche , pour , qui elle a de Tavcrsion , cela ne détruit point la protestation qu'elle a faite un peu auparavant » que 9 malgré la loi de ce combat et les promesses que le Koi a faites i Ro* drigue « elle lui fera mille autres ennemis » s'il en sort Tîctorieiix. Ce grand éclat mSme qu'elle Jaisse £ûre i son amour , après qu'elle le croit mort , est suivi d'une opposition rigoureuse i l'exécution de cette loi qui la donne à son Amant > et elle ne se tait qu'aprcs que le JRoi Ta difïliSrée 9 et lui a laissé lieu d'espérer qu'avec le tems il y pourra survenir quelque obstacle. Je sais bien que le silence passe d'ordinaire pour une.marque de consentement ; mais quand les Rois parlent 9 c'en est une de contradiction. On ne manque jamais à leur applaudir , quand on entre dans leurs sentimens > et le seul moyen de leur contredire avec le respect qui leur est dû , c'est de se taire > quand leurs ordres ne sont

p;is si ptcssans > qu'on ne puisse remettre i s'excuset

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de teor obéir , lorsque le tems en sera venu , et con«

server cependant une espérance Idgitime d*un empêchement qu'on ne peut encore ddcerminément prévoir.

Il est vrai que dans ce sujet il faut se contenter dt

tirer Kodrigue de péril , sans le pousser jusqu'à son mariage avec Chimene. II est historique , et a plu en son tems ; mais bien sûrement il déplairoit au nôtre , et j'ai peine à voir que Chimcne y çonsente chez TAuteur Eèpagnol , bien quMl donne plus de trois ans de durée à ia Comédie qu'il en a faite. Pour ne pas contredire l'histoire , j'ai cru ne me pouvoir dispenser

d'en jeter quelque idée ; mais avec incertitude de l'effet» et ce n*étoit que par -là que je pouvois accorder la bienséance du Théâtre avec la vérité de l'évé^ nement.

Les deux visites que Rodîîg;uc fait à sa Maîtresse» ont quelque chose qui choque la bienséance, delà part de celle qui les souffre, la rigueur du devoir vouloit qu'elle refusât de lui parler , et s'enfermât dans son cabinet, au lieu de l'écouter; mais permettex-moi do dire , avec un des premiers esprits de notre siècle , Que

leur conversation est remplie de si beaux sentimens , queplu^ sieurs n'ont pas connu ce dt'fj.iLt, et que ceux qui Vont connu ,

Vont toUré, J'irai plus outre, et dirai que presque tous ont souhaité que ces entretiens se fissent , et j'ai remarqué aux premières représentations , qu^alors que ce malheureux Amant se présentoit devant elle ^ il s'ékvoii

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un certain frémissement dans l'assemblée , qui mar* quoit une curioûU merveilleuse ce un redoublemenle d'attention pour ce quMts aToient â se dire dans un état

si pitoyable. Aristote dit, qu'il y a dts absurdités qu'il faut iaisstr dans un PoSmt , ^uand m peut esp/nr qu'elles senmt hien reçues ; et il est du devoir du Poète , en ce cas , de Us couvrir de fam de brillons , qu'elles puissent éblouir. Je laisse au jugement de nos Auditeurs , si je me suis assesbien acquitté de ce devoir , pour justilkr par-là ces deux Scènes* Les pensfes de la prenuere des deux sont quelquefois trop spirituelles pour partir de personnes fort affligées ; mais cotre que je n'ai fait que la paraphraser de l'Espagnol , si nous ne nous pennettions quelque chose de plus ingénieux que le cours ordinaire de la passion» nos Poèmes ramperoient souvent, et les grandes douleurs ne mcttroient dans la bouche de nos Acteurs que des exclamations et des hélas. Pour ne déguiser lien f cette offre que £ait Rodrigue de son épéc à Chi-> mené , et cette protestation de se laisser tuer par Don Sancbe, ne me plahooiempas maintenant* Ces beautés ^tent de mise en ce tems-là , et ne le seroient plus en celui-ci. La première est dans l'original Espagnol, «t l'autre est tirée sur ce modèle. Toutes les deux ont fait leur effet en ma faveur ; mais je fcrois scrupule d'4n étaler de pareilles à l'avenir, sur notre Théâtre.

J'ai dit ailleurs ma pensée touchant Tlnfante et le Soi ; il reste néanmoins quelque chose à examiner

sur la manière dont ce dernier agit, qui ne paroit pas

:^ci vigoureuse , en ce qu'il ne fait pas arrêter le

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Comte , après le soufflet donné , et n'envoie pas des

gardes à Don Dîcguc et à son fils. Sur quoi on peut considvfrçr que Don Fernand étant le premier Koi de * Castillc , et ceux qui en avoient été maîtres auparavant lui , n'ayant eu titre que de Comtes , il n'étoit: peut-être pas assez absolu sur les grands Seigneurs de son Royaume pour le pouvoir faire. Chez Don Guillen

de Castro qui a traité ce sujet avant moi , et qui devoit mieux connoître que moi quelle étoit Tautoriré de ce premier Monarque de son pays , le soufflet se donne en sa présence , et en celle de deux Ministres d'Etat » qui lui conseillent , après que le Comte s'est retiré licremcnt et avec bravade, et que Don Dicgue a fait la même chose en soupirant , de ne le pousser point à bout , parce qu'il a quantité d'amis dans les Asiurics qui se pourroient révolter, et prendre parti avec les Mores , dont son Etat est environné. Ainsi il se résout d'accommoder Taffaire sans bruit, et recommande le secret à ces deux Ministres , qui ont été seuls témoins de l'action. C'est sur cet exemple que je me suis cru bien fondé à le faire agir plus mollement qu'on ne feroit en ce tems-ci , oii l'autorité royale csf plus absolue. Je ne pense pas non plus qu'il manque beaucoup à ne jeter point l'alarme de nuit dans sa ville, sur l'avis incertain qu'il a du dessein des Mores, puisqu'on faisoit bonne garde sur les murs et sur le port; mais il est inexcusable de n'y donner aucun ordre après leur arrivée et de laisser tout faire à Rodrigue. La loi du combat qu'il propose à Chimcnc avant que de le permettre à Don Sanche contre. Rodrigue , n'est pas si-

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injuste que quelques-uns ont voulu le dire , parce qu'elle est plutôt une menace pour la faire dédire, de la demande de ce eombat , qti*UR arrêt qu'il- luKveulIle faire exécuter, Cela paroit , en ce qu^après la victoire de Rodrigue, il n'en exige pas priScisément l'efFecde sa parole , et la laisse en état d'espcrcr q^ue cette condition n'aura point de lieu.

Je ne puis dénier que la règle des vingt-quatre heures fmse ttâp ks incidens de cette Pièce. La ihort du Comte et r arrivée des Mores s'y pouvoient cntrc- Sttivce d'aussi près qu'elles font , parce que cette arrivéeest une surprise qui n*a point de communication » ni de mesure à prendre avecie reste 9 mais il n'en va pas ainsi ia combat de Don Sanche » dont te Boi étoie le maître , et pouvoit lui choisir un autre tems que deux heures après la fuite des Mores. Leur défaite avoit assez fatigué Rodrigue toute la nuit , pour mdliter deux ou trois jours de repos j et mcme il y avoit ^pielque apparcnCr ^m'il n*en éeoit pas échappé sans l^essures, quoique je n*en aie rien dit, parce qu'elles n'atiroieiit £ait que nuire à la conclusion de. l'action^

Cette mcme règle presse aussi trop Chimcnc de demander justice au Roi la seconde fois. Elle l'avoit fait le soir d'auparavant, et n'avoît aucun sujet d'y retourner le lendemain matin» pour en importuner le Roi» dont elle h^avbit encore auetin lieu de se plaindre » l^isqu'elie ne pouvoit encore dire qu'il lui eût manqué

de pcomme. Le roman lui auroit donné sept ou h\xit

jours de patience avant que de Tcn presser de nouveau t mais les vingt-quatre heares ne Vont pas permis. C'est rincommoditc de la règle. Passons à celle tle IHiiûté 4e lieu , qui ne m'a pas donné moins de gcne en cette pièce.

Je Tai placé dans Scville > bien que Don Fcrnand n'en ait jamais été le mattre, et j'ai été obligé i cette falsification, pour former quelque vraisemblance à la descente des Mores , dont l'armée ne ponvcit venir si vîte par terre que par eau. Je ne voudrois p«$ assurer toutefois que le AixTi de la mer monte efiFccûvement jusqucs-là y mais comme dans notre Seine il fait encote plus de chemin qu'il ne lui en faut fiirc sur le Guadalquivir pour battre les murailles de cette ville , cela peut suffire à fonder quelque probabilité parmi nous» pour ceux qui n'ont poin^ été sur le lieu même.

Cette arrive'c des Mores ne laisse pas d'avoir ce éé* faut que j'ai marqué ailleurs , qu'ils présentent d'eux?* mêmes , sans &tre appellés dans la Pièce direaeinent > îù indirectement , par aucun Acteur du premier Acte, Us ont plus de justesse dans l'irrégularité de l'Auteur ïspagnol. Rodrigue n'osant plus se montrer à la Cour , les va combattre sur la frontière , et ainsi le premier Acteur les va chercher , et leur donne place dans le Poème » au contraire de ce qui arrive ici) où ils semblent se venir faire de fête expr^ pour en être bat* tus , et lui donner moyen de rendre à son Roi un service d'importance qui lui fasse obtenii; fil gracCâ C^est

tine seconde incommodité de U règle dans cette Tra-* gidie.

Tout s*y passe donc dans Sévillc , et garde ainsi queH ^ue espèce d'unité de lieu en général ; mais le lieu t^ar^

ticulier change de Sccne en Scenc> et tantôt c'est le palais du Roi, tantôt Pappartement de l'Iiifante» tantôt la maison de Chimcnc , et tantôt une rue , ou place publique. On le détermine aisément pour les Scènes détachées; mais pour celles qui ont leur liaison ensemble , comme les quatre dernières du premier Acre , il est nuri-aisé d'en choisir un qui contienne à toutes. Le Comte et Don Dicgue se querellent au sortir du Palais : cela se peut passer dans une rue > mais apris le soufflet reçu. Don Diegue ne peut pas demeurer en cette rue à faire ses plaintes , attendant que son fils survienne , qu'il ne soit tout aussi - tôt environné dQ Peuple > et ne reçoive TofFre de quelques amis. Ainsi, il scroit plus à psopos qu'il se plaignit dans sa maison <>ù le met r£spagnoT,^PQtif Ûsser aller ses sentlmen» liberté ; mais, en ce cas , il faudroit délier les Scènes Comme il a fait. En l'état ou elles sont ici , on peue dire qu'il faut quelquefois aîdcf âtt Théâtre, et suppléerfavorablement ce qui ne s'y peut représenter. Deux personnages s'y arrêtent pour parler , et quelquefois il faut présumer qu'ils marchent , ce qu'on ne peut ex- ^ poser sensiblement à la vue , ' parce qu'ils échappe-* foient aux yeux, avant que d'avoir pu dire ce qu'il est nécessaire qu'ils fassent savoir à l'Auditeur, Ainsi, par

line fiaioA de Xhéaue 9 on peut ^imaginer que Poa

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Dieguc et le Comte sortant du Palais du Roî , avancenT toujours en se querellant, et sont arrivés devant la maison de ce premier, lorsqu'il reçoit le soufflet, qui l'oblige à y entrer pour y chercher du secours. Si cette fiction poétique ne vous satisfait point , laissons - 1« dans la place publique , et disons que le concours du Seuple autour de lui après cette offense , et les ofih:e& de service que lui font les premiers amis qui s'y rencontrent , sont des circonsunces que le roman ne doit pas oublier ; mais que ces menues actions ne servant de rien à la principale , il n'est pas besoin que le Poct« s'en embarrasse sur la Scène. Horace l'en dispense pal ces vers :

Boc amet , koe ^êmatpromissi carmihis 4iKor**»#

Pleraque dijferat*

Et ailleurs :

Semper sâ eyemumféstinat.

C'est ce qui m'a fait négliger au troisième Acte de donnât à Don Dieguc , pour aide , à chercher son fils , aucun des cinq cents amis qu'il avoit chex lui. Il y a grande apparence que quelques-uns d'eux l'y accompagnoient» et même que quelques autres le cherchoient pour lui d'un autre coté» mais ces accompagnemens inutiles de personnages qui n*ont rien à dire, puisque celui qu'ils accompagnent a seul tout l'intérêt de l'action ; cea sortes d'accompagnemens, dis-je, ont toujours mau-» vaisc grâce au Théâtre, et d'autant plus que les Corné-* dicns ^n*emp]oient à ces personnages muets que teusft.

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moutheurs de chandelles et leurs valets , qui ne savent quelle posture tenir.

Les funérailles du Comte <Stoient encore une chosê fort embarrassante , soit qu'elles se soient faites avant la fin de la Pièce , soit que le corps ait demeuré ert pfésetice de son hôtel , attendant qu'on y donnie ordre. Le moindre mot que j'en eusse laissé dire , pout en prendre soin , eût rompu toute là chaleur de Tat^ tentiofi , et rempli l'Auditeur d'une fScheuse idée. Tai cru plus à propos de les dérober à son imagination par mon silence , aussi - bien que le lieu précis de ces quatre Scènes du premier Acte donc je viens de parler > et je m'assure que cet artifice m'a si bien réussi » que peu de personnes ont pris garde k l'un , ni à l'autre, et que la plupart des Specuteurs laissant emporter leurs esprits à ce qu'ils ont vu et entendu de pathétique en ce Poème > ne se sont point avises de réiicchir sur ces deux considérations,

Tachevapar une remarque sur ce que dit Hôrace, que ce qu'on expose à la vue , touche bien plus que ce qu'on

n'apprend que par rccit.

C'est sur quoi je me suis fondé pour fidre voir le

souiHct que reçoit Don Diegue , et cacher aux yeux la mort du Comte ^ afin d'acquérir et de conserver à mon

premier Acteur l'amitié des Auditeurs , si nécessaire pour réussir au Théâtre. L'indignité d'un affiont fait à

Kii vîeiUacd y chargl{ d^années et de victoires, ies;ettf

45f EXAMEN DU CIP.

aisément dans le parti de rofFcnsc , et cett,e mort.q^u-'otx vient dire au Roi tout simplement, sans aucune narration touchante, n'excite point en eux la commisération qu'y eut fait naîcnc le spectacle de son sang , et ne leuc donne aucune aversion pour ce malheureux Amant» qu'ils pnç vu force , parce qu'il dc\ oie à son honneur ».

d'en venir à cette extrémité.^ malgi;^ i'intétet et la tçn* dresse de son amour.

Dft l'iMPRlMERIÉ DE LA VEUVB

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