DISCOURS SUR LESPRÏT PHILOSOPHIQUE
qui a remporté le prix d'éloquence ii rAcadémie française, en Tannée 1755, par Antoine Guénard, scolaslique de la Compagnie de Jésus 3.
L'Académie française, pour sujet du concours; avait proposé celte question : En quoi consiste l'esprit philosoptiique, conformément à ces paroles : Non plus saperequam oportet sapere? Ep. ad Rom. xn, 3.
Les siècles, de même que les hommes , ont un caractère qui les dislingue. On se pique aujourd'hui de philosophie : voilà le goût dominant, et j'oserai dire la passion générale de noire siècle. Le sujet qu'on propose, intéressant par sa nature, devient donc parles circonstances plus intéressant encore; et ce discours serait d'une utilité véritable si, dans un peuple d'esprits qui veulent être philosophes, il pouvait convaincre les uns qu'ils ne le seront jamais , et montrer aux autres comment ils le doivent être : deux connaissances aussi rares que nécessaires. Sansespérance'de procurer un si grand avantage, essayons cependant de traiter la question relativement à ce double objet. Traçons d'abord les caractères qui distinguent l'esprit philosophique de toute autre sorte d'esprit, et posons ensuite, d'après l'Apôtre, les bornes qu'il ne doit jamais franchir.
1 Ci-dessus, p. 338 et 340, notes. — s Celle de l'archevêque de Sens , Languet de Gergy, auquel l'oraleur succédait. — ' Antoine Guénard était alors âgé de Tingt-luiit ans, et n'était pas encore prêtre. Notes hist. N" 223.
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