CHAPITRE XXIX
Moyen facile de remonter à la source de la religion, et d'en trouver la vérité dans sou principe.
Cm choses seront évidentes à qui voudra les considérer avec
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attention. Mais comme tous les esprits ne sont pas également capables d'un raisonnement suivi, prenons par la mairi les plus infirmes, et menons-les doucement jusqu'à l'origine.
Qu'ils considèrent d'un côté les institutions chrétiennes, et dé l'autre celles des Juits , qu'ils en recherclient h source, en coinmençant par les nôtres, qui leur sont plus familières, et qu'ils regardent attentivement les lois qui règlent nos mœurs ; qu'ils regardent nos Écritures, c'est-à-dire les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres, les Épîlres apostoliques, et l'Apocalypse ; nos sàcremenlsj notre sacrifice, notre culte ; et parmi les sacr-ements, le baptême, où ils voient la consécration du chrétien sous l'invocation expresse de la Trinité ; l'eucharistie, c'est-à-dire un sacrement établi pour conserver la mémoire de la mort de Jésus-Christ, et dé la rémission des péchés qui y est attachée ; qu'ilsjoignent à toutes ces choses le gouvernement ecclésiastique, la société de î'Ëglisé chrétienne en général, les églises particulières, les évêques, les prêtres, les diacres préposés pour les gouverner. t)es choses si nouvelles, si singulières, si universelles, ont sans doute une origine. Mais quelle origine peut-on leur donner, sinon Jésus-Christ et ses disciples ; puisqu'en remontant par degrés et de siècle en siècle, ou pour mieux dire d'année en année, on les trouve ici et non pas plus hautj et que c'est là que commencent, non seulement ces institutions, mais encore le nom même de chrétien ? Si nous avons un baptême, une eucharistie, avec les circonstances que nous avons vues, c'est Jésus-Christ qui en est rautéur. C'est lui qui a laissé à ses disciples ces caractères de leur profession, ces inémoriaiix de ses œuvres, ces instruments de sa grâce. Nos saints livres se trouvent tous publiés dès le temps des apôtres, ni plutôt, ni plus tard : c'est en leur personne que nous trouvons la source de l'épiscopat. Que si, parmi nos évêques, il y en a un premiei*, on voit aussi une primauté parmi les apôtres ; et celui qui est le premier parmi nous est reconnu, dèslorigine du christianisme, pour le successeur de celui qui étoit déjà le premier sous Jésus-Christ même, c'est-à-dire de Pierre. J'avance hardiment ces faits, et même le dernier comme constant, parce qu'il ne peut jainaife être contesté de bonne toi, non plus que les autres, comme il seroit a*é de le faire voir par ceux mêmes qui, par ignorance ou par esprit de contradiction, ont le plus chicané là-dessus.
Nous voilà donc à l'origine des institutions chrétiennes. Avec la même méthode remontons à l'origine de celles des Juifs. Comme
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là nous avons trouTé Jésus-Christ, sans qu'on puisse seulement songer à remonter plus haut; ici, par les mêmes voies et par les mômes raisons, nous serons obligés de nous arrêter à Moïse, ou de remonter aux origines que Moïse nous a marquées.
Les Juifs avoient comme nous, et ont encore en partie, leurs lois, leurs observances, leurs sacrements, l^urs Écritures, leur gouvernement, leurs pontifes, leur sacerdoce, le service de leur temple. Le sacerdoce étoit établi dans la famille d'Aaron, frère d^e Moïse. D'Aaron et de ses enfants venoit la distinction des familles sacerdotailes ; chacun reconnoissoit sa tige, et tout venoit de la source d'Aaron, sans qu'on pût remonter plus haut. La Pâque ni les autres fêtes ne pouvoient venir de moins loin. Dans la Pâque, tout rappeloit à la nuit où le peuple avoit été affranchi de la servitude d'Egypte, et où tout se préparoit à sa sortie. La Pentecôte ramenoit aussi jour pour jour le temps où la loi avoit été donnée, c'està-dire la cinquantième journée après la sortie d'Egypte. Un même nombre de jours séparoit encore ces deux solennités. Les tabercacles, ou les tentes de feuillages verts, où de temps immémorial le peuple demeuroit tous les ans sept jours et sept nuits entières, étoient l'image du long campement dans le désert durant quarante ans ; et il n'y avoit, parmi les Juifs, ni fête, ni sacrement, ni cérémonie, qui n'eût été instituée ou confirmée par Moïse, et qui ne portât encore, pour ainsi dire, le nom et le caractère de ce grand législateur.
Ces rehgieuses observances n'étoient pas toutes de même antiquité. La circoncision, la défense de manger du sang, le sabbal même, étoient plus anciens que Moïse et que la loi, comme il paroît par l'Exode ; mais le peuple savoit toutes ces dates , et Moïse les avoit marquées. La circoncision menoit à Abraham, à l'origine de la nation, à la promesse de l'alliance. La défense de manger du sang menoit à Noé et au déluge; et les révolutions du sabbat, à la création de l'univers, et au septième jour béni de Dieu, où il acheva ce grand ouvrage. Ainsi tous les grands événements qui pouvoient servir à l'instruction des fidèles avoient leur mémorial parmi les Juifs ; et ces anciennes observances , mêlées avec celles que Moïse avoit étabhes, réunissoient dans le peuple de Dieu toute la religion des siècles passés.
Une partie de ces observances ne paroissent plus à présent dans le peuple juif. Le temple n'est plus, et avec lui dévoient cesser les sacrifices et même le sacerdoce de la loi. On ne connoît plu?
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parmi les Juifs d'enfants d'Aaron , et toutes les familles sont confondues. Mais puisque tout cela éloit encore en son entier lorsque Jésus-Christ est venu , el que constamment il rapportoit tout à Moïse, il n'en faudroit pas davantage pour demeurer convaincu qu'une chose si établie venoit de bien loin, et de l'origine même de la nation. "n»
Qu'ainsi ne soit ; remontons plus haut, et parcourons toutes lé^ dates où l'on nous pourroit arrêter. D'abord on ne peut aller moins loin qu'Esdras. Jésus-Christ a paru dans le second temple, et c'est constamment du temps d'Esdras qu'il a été rebâti. Jésus-Christ n'a cité de livres que ceux que les Juifs avoient mis dans leur Canon ; mais, suivant la tradition constante de la nation , ce Canon a été clos et comme scellé du temps d'Esdras, sans que jamais les Juifs aient rien ajouté depuis, et c'est ce que personne ne révoque en doute. C'est donc ici une double date, une époque, si vous voulez l'appeler ainsi, bien considérable pour leur histoire, et en particulier pour celle de leur Écriture. Mais il nous a paru plus clair que le jour qu'il n'étoit pas possible de s'arrêter là, puisque là même tout est rapporté à une autre source. Moïse est nommé partout comme celui dont les livres , révérés par tout le peuple, par tous les prophètes, par ceux qui vivoient alors , par ceux qui les avoient précédés , faisoient l'unique fondement de la religion judaïque. Ne regardons pas encore ces prophètes comme des hommes inspirés : qu'ils soient seulement, si l'on veut, des hommes qui avoient paru en divers temps et sous divers rois, et que l'on ait écoutés comme les interprètes de la religion ; leur seule succession, jointe à celle de ces rois dont l'histoire est liée avec la leur, nous mène manifestement à !a source de Moïse. Malachie, Aggée, Zacharie, Esdras, qui regardent la loi de Moïse comme établie de tout temps, touchent les temps de Daniel , où il paroît clairement qu'elle n'étoit pas moins reconnue. Daniel touche à Jérémie et à Ézéchiel , où on ne voit autre chose que Moïse, l'alliance faite sous lui, les commandements qu'il a laissés, les menaces et les punitions pour les avoir transgressés : tous parlent de cette loi comme l'ayant goûtée dès leur enfance ; et non seulement ils l'allèguent comme reçue , mais encore ils ne font aucune action, ils ne disent pas un mot qui n'ait avec elle de secrets rapports.
Jérémie nous mène au temps du roi Josias , sous lequel il a cc/mmencé à prophétiser. La loi de Moïse étoit donc alors aussi
cQOpue et ;).ussi célèbre que les ccrils de ce prophète, que tçut le peuple lisoit de ses yeux , et que ses prédications , que chacun éeoutpit 4e ses oreilles. En effet, en quoi est-ce que la piété de ce prince est recommandable dans l'histoire sainte , si ce n'est pour avoir détruit dès son enfance tous les temples et tous les autels que cette loi défcndoit; pour avoir célébré avec un soin parlicu- 4pr les fêtes qu'elle commandoit, par exemple , celle de Pàque, avec toutes '(es observances qu'on trouve encore écrites de mot à mot dans la loi; enfin pour avoir tremblé avec tout son peuple à la vue des transgressions qu'eux et leurs pères avoient commises contre cette loi. et contre Dieu qui en étoit l'auteur? Mais il n'en faut par demeurer là. Ézéchias, son aïeul, avoit célébré une Pâ- C^e aussi solennelle, et avec les mêmes cérémonies, et avec la ipén^e altention à suivre la loi de Moïse. Isaïe ne cessait de la prêche^ avec le^ autres prophètes, poi^ seulement sous le règne d'Ézéchias, nif^is encore durant un long temps sous les règnes de ses prédécesseurs. Ce fut en vertu de cette loi qu'Ozias, le bisaïeul d'Ézéchias, étant devenu lépreux , fut non seulement chassé du temple , m^is encore séparé du peuple avec toutes les précautions que cette loi avojt prescrites. Un exemple si mémorable en la personne d'un roi, et d'un si grand roi, marque la loi trop présente et trop connue de tout le peuple pour ne venir pas de plus haut. Il n'est pas moins aisé de remonter par Amasias , par Josaphat, par Asa, par Abia, par Roboam, à Salomon, père du dernier, qui recommanda si hautement la loi de ses pères par ces paroles des Proverbes : « Garde, mon fils, les préceptes de ton père ; n'oublie a pas la loi de ta mère. Attache les commandements de cette lr>i a à ton cœur; fais-en un collier autour de ton cou : quand tu B marcheras, qu'ils te suivent ; qu'ils le gardent dans ton som- « meil ; et incontinent après ton réveil, entretiens-toi avec eux, « parce que le commandement est un flambeau, et la loi une lu- <j mière, et I4 voie de la vie une correction et une instruction sa- « lutaire. » Ep quoi il ne fait que répéter ce que son [)ère David avoit chanté : « La loi du Seigneur est sans tache ; elle convertit « les aroes. Le témoignage du Seigneur est sincère, et rend saa ges les petits enfants. Les justices du Seigneur sont droites, et a réjouissent les cœurs. Ses préceptes sont pleins de lumière, ils « éclairent les yeux. » Et tout cela, qu'est-ce autre chose que la épétition et l'exécution de ce que disoit la loi elle-même? «Que a les préceptes que je te donnerai aujourd'hui soient dans ton
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t cœur t raconte-les à tes enfants, et ne cesse de les méditer, soit c que tu demeures dans ta maison, ou que tu marches dans les « chemins ; quand tu te couches le soir, ou le piatin quand tu te « lèves. Tu les auras à ta main comme un signe ; ils seront mis et c se remueront dans des rouleaux devant tes yeux, et tu les écri- « ras à l'entrée sur la porte de ta maison. » El on voudrait qu'une loi qui devait être si familière, et si fort entre les mains de tout le monde, pût venir par des voies cachées, ou qu'on pût jamais l'oublier, et que ce fût une illusion qu'on eût faite à tout le peuple, que de lui persuader que c'étoit la loi de ses pères, sans qu'il en eût vu de tout temps des monuments incontestables !
Enfin, puisque nous en sommes à David et Salomon, leur ouvrage le plus mémorable, celui dont le souvenir ne s'étoit jamais effacé dans la nation, c'étoit le temple. Mais qu'ont fait, après tout, ces deux grands rois, lorsqu'ils ont préparé et construit cet édifice incomparable? Qu'ont-ils fait que d'exécuter la loi de Moïse, qui ordonnoit de choisir un lieu où l'on célétirât le service de toute la nation, oii s'ofî'rissent les sacrifices que Moïse avoit prescrits , où l'on retirât l'arche qu'il avoit construite dans le désert, dans lequel enfin on mît en grand le tabernacle que Moï^e avoit fait bâfir pour être le niodèle du temple futur ! De sorte qu'il n'y a pas un seul moment où Moïse et sa loi n'ait été yivante ; et la tradition de ce célèbre législateur remonte de règ:ne en règ;ne, et presque d'année en année, jusqu'à lui-même.
Avouons que la tradition de Moise est trop manifeste ^t trop suivie pour donner le moindre soupçon de fausseté, et que les temps dont est composée cette succession se touchent de trop près pour laisser la moindre jointure et le moindre vide où la supposition pût être placée. Mais pourquoi nommer ici la supposition? il n'y faudroit pas seulement penser, pour peu qu'on eût de bon sens. Tout est rempli, tout est gouverné, tout est, pour ainsi dire, éclairé de la loi et des livres de Moïse. On ne peut les avoir oubliés un seul moment; et il n'y auroit rien de moins soutenable que de vouloir s'imaginer que l'exemplaire qui en fut trouvé dans le temple par Heîcias, souverain ponlife , à la dix-huitième année de Josias, et apporté à ce prince, fût le sp'ii qui restât alors ; car qui auroit détruit les autres? Que seroient devenues les Bibles d'Osée, d'Isaïe, d'Amos, de Michée et des autres, qui écpvoient immédiatement devant ce temps, et de tous ceux qui les avoient mivis d^ la pratique de la piété ? Où est-cr, que Jéréraie auroit
appris l'Écriture sainte, lui qui commença à prophétiser avanl cette découverte, et dès la treizième année de Josias? Les prophètes se sont bien plaints que l'on transgressoit la loi de Moïse, mais non pas qu'on en eût perdu jusqu'aux livres. On ne lit point, ni qu'Achaz, ni que Manassès, ni qu'Amon , ni qu'aucun de ces rois impies qui ont précédé Josias, aient tâché de les supprimer. Il y auroit eu ^.dtant de folie et d'impossibilité que d'impiété dans cette entreprise, et la mémoire d'un tel altent»*, ne se seroit jamais effacée ; et quand ils auroient tenté la suppression de ce divin livre dans le royaume de Juda, leur pouvoir ne s'étendoit pas sur les terres du royaume d'Israël, où il s'est trouvé conservé. On voit donc bien que ce livre, que le souverain poniife ût apporter à Josias, ne peut avoir été autre chose qu'un exemplaire plus correct et plus authentique, fait sous les rois précédents et déposé dans le temple, ou plutôt, sans hésiter, l'original de Moïse que ce sage législateur avoit «ordonné qu'on mît à côté de l'arche, en témoi- « gnage contre tout le peuple. » C'est ce qu'insinuent ces paroles de l'Histoire Sainte : « Le pontife Helcias trouva dans le temple le « livi-e de la loi de Dieu, par la main de Moïse. » Et, de quelque sorte qu'on entende ces paroles, il est bien certain que rien n'étoit plus capable de réveiller le peuple endormi, et de ranimer son zèle à la lecture de la loi; peut-être alors trop négligée, qu'un original de cette importance laissé dans le sanctuaire par les soins et par l'ordre de Moïse, en témoignage contre les révoltes et les transgressions du peuple, sans qu'il soit besoin de se figurer la chose du monde la plus impossible, c'est-à-dire la loi de Dieu oubliée ou réduite à un exemplaire. Au contraire, on voit clairement que la découverte de ce livre n'apprend rien de nouveau au peuple, et ne fait que l'exciter à prêter une oreille plus attentive à une voix qui lui étoit déjà connue. C'est ce qui fait dire au roi : « Allez, et « pries le Seigneur pour moi et pour les restes d'Israël et de Juda, « afin que la colère de Dieu ne s'élève point contre nous au sujet « des paroles écrites dans ce livre, puisqu'il est arrivé de si grands a maux à nous et à nos pères, pour ne les avoir point observées.» Après cela, il ne faut plus se donner la peine d'examiner en particulier tout ce qu'ont imaginé les incrédules, les faux savants, les faux critiques, sur la supposition des livres de Moïse. Les mêmes impossibilités qu'on y trouvera en quelque temps que ce soit, par exemple, dans celui d'Esdras, régnent partout. On trouvera toujours égalemenl dans le peuple une répugnance invinr.iblc à re-
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^rcîer comme ancien ce dont il n'aura jamais entendu parler, et comme venu de Moïse , et déjà connu et établi, ce qui viendra de leur être mis tout nouvellement entre les mains.
Il faut encore se souvenir de ce qu'on, ne peut jamais assez remarquer, des dix tribus séparées. C'est Wclate la plus remarquable dans l'histoire de la nation , puisque c'est lorsqu'il se forma un nouve?,u royaume, et que celui de David et de Salomon fut divise en deux. Mais puisque les livres de Moïse sont demeurés dans les deux partis ennemis comme un héritage commun, ils venoient, par conséquent, des pères communs avant la séparation ; par conséquent aussi ils venoient de Salomon , de David, de Samuel, qui l'avoient sacré ; d'Héli, sous qui Samuel, encore enfant, avoit appris le culte de Dieu et l'observance de la loi, de cette loi que David célébroit dans ses Psaumes, chantés de tous le monde , et Salomon dans ses Sentences, que tout le peuple avoit entre les mains. De cette sorte, si haut qu'on remonte, on trouve toujours la loi de Moïse établie , célèbre , universellement reconnue, et on ne se peut reposer qu'en Moïse même , comme dans les archives chrétiennes on ne peut se reposer que dans les temps de Jésus- Christ, et des apôtres.
Mais là que trouverons-nous? que trouverons-nous dans ces deux points fixes de Moïse et de Jésus-Christ, sinon, comme nous l'avons déjà vu, des miracles visibles et incontestables, en témoignage de la mission de l'un et de l'autre ? D'un côté, les plaies de l'Egypte , le passage de la mer Rouge, la loi donnée sur le mont Sinaï, la terre entr' ouverte, et toutes les autres merveilles dont on disoit à tout le peuple qu'il avait été lui-même le témoin ; et de l'autre, des guérisons sans nombre, des résurrections de morts, et celle de Jésus-Christ même, attestée par ceux qui l'avoient vue, et soutenue jusqu'à la mort, c'est-à-dire tout ce qu'on pouvoit souhaiter pour assurer la vérité d'un fait , puisque Dieu même, je ne craindrai pas de le dire, ne pouvait rien faire de plus claire pour établir la certitude du fait, que de le réduire au témoignage des sens, ni une épreuve plus forte pour établir la sincérité des témoins, que celle d'une cruelle mort.
Mais après qu'en remontant des deux côtés, je veux dire du côté des Juifs e\ de celui des chrétiens, on a trouvé une origine si certainemem miraculeuse et divinC; il restoit encore, pour achever l'ouvrage, de faire voir la liaison de deux institutions si manifestement venues de Dieu ; car il tant qu'il y ait un rapport entre ses
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œuvres, que lout soit d'un même desèeln, et que la loi chrétienne qui se trouve la dernière, se trouve attachée à l'autre. C'est aussi ce qui ne peut être nié. On ne doute pas que les Juifs n'aient attendu et n'attendent encore un Christ ; et les prédictions dont ils sont les porteurs ne permettent pas de douter que ce Christ promis aux Juifs ne soit celui que nous croyons.