‹ Chefs-d'œuvre de BossuetChapitre 64 sur 70 · DES APPREHENSIONS DE LA MORT · texte numérisé non relu

DES APPREHENSIONS DE LA MORT

Que si l'attache à la santé même et à la vie est si vicieuse et si contraire à la dignité du christianisme, que dirai-je de la curiosité, de la vanité, de cette vivacité qu'on affecte tant sur le teint et sur le visage? Foible et misérable créature, et vainement appelée à une beauté et à une gloire étemelle, vous ne sauriez sans regret voir tomber cette fleur d'un jour, ni passer cette couleur vive, ni cet air de jeunesse s'évanouir. Hélas 1 vous en avez boute, comme si c'étoit un défaut. Vous voulez cacher vos années, et non seulement les cacher, mais résister à leur cours qui emporte tout, vous soutenir contre leur effort, et tromper leurs mains si subtiles, qui ne cessent de vous enlever, par mille artifices, toujours quelque chose. Est-ce là cette gloire du corps de Jésus ? Il est une autre santé, une autre beauté, une autre vie. Hé! laissezvous dépouiller de ce fragile ornement qui ne fait que nourrir votre vanité, vous exposer à la tentation, vous environner de scandales. Quittez l'amour de ce corps trop chéri et trop soigné : car si vous persistez à le tant chérir, ô que la mort vous sera cruelle 1 0 que vainement vous soupirerez, disant avec ce roi des

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