LOUIS ASSELINE. XXXV
de la chimie organique et de la physiologie, aux théo* ries linguistiques et évolutionnistes, enfin, de prouver aux proscripteurs sincères du prétendu matérialisme métaphysique, que leurs propres travaux, que toute conquête de Texpérience profite et aboutit au matérialisme scientifique. Cette nécessité était Tun des plus chers soucis d'Asseline. Dans les dîners mensuels qui n'avaient cessé de réunir le groupe de la Libre Pensée ou de la Pensée nouvelle, il n'oubliait jamais de signaler les combinaisons possibles, les occasions favorables. De nos entretiens sortit le volume du Cen« tenaire et le plan d'une Bibliothèque des sciences. Le concours d'un excellent éditeur, M. Reinwald, et de son digne neveu et associé, le regretté Buhlmeyer, qu'une maladie presque foudroyante vient d'enlever à ses amis, assura le succès de ces deux entreprises. La Bibliothèque des sciences compte aujourd'hui cinq volumes, qu'il ne nous appartient pas de louer, où la Biologie j la Linguistique, V Anthropologie, V Esthétique, la Philosophie sont exposées conformément aux plus récentes découvertes et aux principes de la libre pensée. Asseline se préparait à en accroître le nombre; il recueillait des notes pour une géographie et une histoire universelle, quand la mort est venue le frapper au milieu de ses projets et de ses infatigables espérances, lin coup si cruel ne dispersera pas le groupe auquel il laisse son souvenir et son exemple.
Il est tombé en pleine maturité, en pleine vie. Rien n'avait trahi les ravages du mal qui minait un organisme épuisé par son énergie même; le repos suprême l'attendait à la fin d'un jour de labeur; il rentrait, il piarlait gaiement à sa femme, s'excusant de son retard; un mouvement qu'il fit en pendant son chapeau à une patère détermina la rupture de son vaillant cœur. Une masse énorme de sang envahit sa poitrine. Le lutteur était terrassé.
Celui qui pendant sa vie, comme Ta si bien dit le docteur Thulié. « n'avait jamais sacrifié aux préjugea