‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 100 sur 162 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

GÉRONTE, PH ILISTE.

SÉRONTE.

J E ne pouvois avoir rencontre plus lieureuse

Pour satisfaire ici mon liumfur curieuse.

Vous avez feuilleté le digeste à Poitiers,

Et vu, comine mon fils, les gens do ces quartiers ;

Ainsi vous me pouvez facilement apprendre

Quelle est et la famiOe et le Lien de Pyrandre.

P II I L I s T E.

ijuel est-il ce Pyrandre ?

GÉRONTE

Un de leurs citoyens , Noble, h ce qu'on m'a dit, inais uu peu mal en biens.

PHILIbTE.

11 n'est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhomme Qui , si je m en souviens, de la sorte se nomme,

GÉROTTTE.

Vous le connoîtrez mieux peut-être à l'autre uom^ Ce Pyrandie s'appelle autrement Armédon.

PHILISXE.

Aussi peu l'un que l'autie.

p. Corneille. 2. id

i8a LE MENTEUR.

Et le père d'Orphise, Cette rare beauté qu'en ces lieux même on prise ? Vous connoissez le nom de cet objet cliarmani Qui fait de ces cantons le plus digne ornement ?

PHILISTE

Croyez que cette Orpliise, Arme'don, et Pyrandre, Sont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprendre. S'il vous faut sur ce point encor quelque garant

En faveur de mon fils vous faites l'ignorant ; Mais je ne sais que trop qu'il aime cette Orphise, Et qu'après les douceurs d'une longue hantise On l'a seul dans sa chambre avec elle trouvé j Que par son pistolet un désordre arrivé L'a forcé sur-le-champ d'épouser cette belle. Je sais tout ; et , de plus , ma bonté paternelle IM'a fait y consentir ; et votre esprit discret R'a plus d'occasion de m'en faire un secret.

PHILISTE

Quoi ! Dorante a donc fait un secret mariage ?

GÉROKTE.

Et, commt je suis bon , je pardonne à son ûgê.

PHILISTE

Qui vous l'a dit ?

GÉROSTE.

Lui-même.

PHILISTE

Ah ! puisqu'il tous l'a dit^ fl vous fera du reste un fidèle récit;

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