‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 102 sur 162 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GÉRONTE

O VIEILLESSE facile ! ô jeunesse impudente ! O de mes cheveux gris honte trop évidente ! Est-il dessous le ciel père plus malheureux ? Est-il affront plus grand pour un cœur généreux? Dorante n'est qu'im fourbe; et cet ingrat que j'aime, Après m'avoir fourbe, me fait fourber moi-même :

l84 LE MENTEUR.

Et d'un discours en l'air, qu'il forge en imposteur,

Il me fait le trompette et le second auteur I

Comme si c'étoit peu pour mon reste de vie

De n'avoir à rougir que de sou infamie ^

L'infâme , se jouant de mon trop de bonté,

Me fait encor rougir de ma crédulité !

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