A M. LE CARDINAL MAZARIN
Les Pauls , les Fabiens ; alors de tous ciisciiible On en ver:a sortir un tout qui te ressemble • Et ion rassemblera de leurs pompeux débris Ton anie et ton courage «-pars dans mes écrits. Souflre donc que pour guide au f.iavail qui me reste J'ajoute ton exemple à cette ardeur céleste , Et que de les vertus le portrait sans égal S'acliève de ma main sur son original.
Quand j'étudie en toi ces sentiments ilîus'.rr-s Qu'a conservés ton sang à travers tant de lustres, Et que le ciel propice et les destins amis Bc tes fameux Romaii:s en ton ame ont transnns ; Alors, de tes couleurs peignant les aventures. J'en porterai si baut les brillantes peintures , Que ta Rome elle-même, admirant mes travaux, N'en reconnoîtra plus les vieux originaux, Et se plaindra de moi de voir sur eux gravées Les vertus qu'à toi seul elle avoit réservées ; Cependant qu'il l'éclat de tes propres clartés Tu te reconnoîtras sous des noms empruntés.
2\Iais ne te l.Tsse point d'illuminer mou ame , yi de prêter ta vie h conduire ma flamme * ;
Horace avait dit la même cbosc dans sa scizi^'^me épilie du premier livre :
Si quis bella tibi terra pugnata marique
* JS'l DE PRÊTER TA VIE A CONDUIRE 51 A FLAMME. On
ne prête point une vie à conduire une flamme. Il veut dire 5E CESSE d'échauffer mon gésie par tes illustres ACTIONS.
212 REMERCIMEM A M. LE C. MAZARIN.
Et , de ces grands soucis qae tu prends pour mon roi , Daigne encor quelquefois desrendre jusqu'à moi. Délasse en mes écrits ta noLIe inquiétude * ; Et tandis que , sur elle appliquant mon étude , J'emploîrai peur te plaire et poiu' te divertir. Les talents que le ciel ru 'a voulu départir, Reçois, avec les vœux de mon obéissance , Ces vers précipités par ma reconuoissance ; L'impatient transport de mon ressentiment N'a pu pour les polir m'accorder im moment. S'ils ont moins de douceur, ils en ont plus de ztle ; Leur rudesse est le sceau d'une ardeur plus fidèle : Et ta bonté verra dans leiu- témérité Avec moins d'ornement plus de sincérité.
* DÉLASSE £>• MES ÉCRITS TA NOBLE INQUIETUDE. On
se délasse de ses travaux par des écrits agréables ; on ne délasse point une inquiétude.
Ajoutons à ces remarques , qu'on peut trop flatter un caidinal, et faire des tragéàies pleines de sublime.