‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 125 sur 162 · ACTE I, SCÈNE ly. aSx · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE ly. aSx

C'est ainsi qu'ignorant d où vint ce bon office Vous appelez faveur ce qui n'est que justice. Et l'osez accuser d'une aveugle amitié , Quand du tout qu'il me doit il me rend la moitié.

PTOLOMÉE

Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse. '^

CLÉOPATRE

César viendra bientôt , et j'en ai lettre expresse ;

Et peut-être aujourd'hui vos yeux seront témoins

De ce que votre esprit s'imagine le moins.

Ce n'est pas sans sujet que je parlois en reine.

Je n'ai reçu de vous que mépris et que haine ; '4

Et, de ma part du sceptre indigne ravisseur, '5

Vous m'avez plus traitée en esclave qu'en sœiu' ;

Même , pour éviter des effets plus sinistres ,

Il m'a-fallu flatter vos insolents ministres ,

Dont j'ai craint jusqu'ici le fer, ou le poison:

Mais Pompée , ou César, m'en va l'aire raison ;

Et, quoi qu'avec Photin AcbiUas en ordonne,

Ou l'une ou r.iutre maiu me rendra ma couronne.

Cependant mou orgueil vous laisse à démêler '-^ -

Quel étoit l'intérêt qui me laisoit parler.

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