‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 138 sur 162 · CÉSAR, ANTOINE, LÉPIDE · texte numérisé non relu

CÉSAR, ANTOINE, LÉPIDE

CÉSAR

AxTOi^iE, avez-vous vu cette reine adorable?'

ANTOINE

Oui , seigneur, je lai vue : elle est mcomparatle ; Le ciel n'a point encor, par de si doux accords , ^ Lui tant de vertus aux grâces d'un beau corps. Une majesté douce ëpand sur son visage De quoi s'assujettir le plus noble courage ; Ses yeux savent ravir, son discours sait charmer. Et, si j étois César, je la voudrois aimer.

CESAR

Comme a-t-elle reçu les ofircs de ma flamme ? ^

Comme n'osant la croire , et la croyant dans l'âme ; Par un refus modeste et fait poiu. inviter, Elle s'en dit indigne, et la croit mériter. 4

CÉSAR

En poun-ai-je être aimé ? 5

ANTOINE

Douter qu'elle vous aime .

Elle qui de vous seul attend son diadème, Qui n'espère qu'en vous ! douter de ses ardeurs,^ Vous qui la pouvez mettre au faîte des grandeurs ! Que votre amour sans crainte à son amour prétende : Au vainqueur de Pompée il fout que tout se rende ; Et vous l'éprouverez. Elle craiut toutefois Lordinaiie mépris que Rome fait des rois;

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