SEPTIME
Seigs^itr
CÉSAR
-liiez , Scptime , allez vers votre maître ; x tésai- ne peut.souffrir h pré.-cnce d'un traître,
SiS LA MORT DE POMPÉE.
D'un Piomain lâclie assez pour servir sous uii roi, Ajjrcs avoir servi sous Pompée et sous moL
( Scptimc rentre. )
César , car le destin , que dans tes fers je brave , ^
Me fait ta prisonnière, et non pas ton esclave,
ICt tu ne prétends pas qu'il m'abatte le cœur
Jusqu'à te rendre lionunage , et te nommer seigneur ;
De quelque rude trait qu'il m'ose avoir frappée ,
Veuve du jeune Crasse, et veuve de Pompée,
Fille de Scipion, et, pour dire encor plus,
Romaine , mon courage est encore au-dessus ;
Et de tous les assauts que sa rigueur me livre
Rien ne me fait rougir que la honte de vivre.
J'ai vu mourir Pompée, et ne l'ai pas suivi ;
Et bien que le moyen m'en ait été ravi ,
Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes
IM'ait ôté le secours et du fer et des ondes ,
Je dois rougir pourtant, après un tel malheur,
De n'avoir pu mourir d'un excès de douleur :
Ma mort étoit ma gloire, et le destin m'en prive
Pour croître mes malheurs , et me voir ta captive.
Je dois bien toutefois rendre grâces aux dieux
De ce qu'en arrivant je te trouve en ces lieux.
Que César y commande , et non pas Ptolomée.
Hélas ! et sous quel astre, ô ciel, m'as- tu formée,
Si je leur dois des vœux de ce qu'ils ont permis
Que je rencontre ici mes plus grands ennemis ,
Et tombe entreleurs mains plutôt qu'aux mains d'unprinrc-
Qui doit h mon époux son troue et sa province ;'
César, de ta victoire écoute moins le bruit;
l'Ile n'est que l'effet du malheur qui me suit;