‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 156 sur 162 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Porte à ses déplaisirs cette foible allégeance , Et dis-lui que je cours achever sa vengeance. » Ce grand homme à ces mots me quitte en soupirant, Et baise avec respect ce vase qu'il me rend.

O soupirs ! ô respect ! ô qu'il est doux de plaindre 7

Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre !

Qu'avec chaleur, Philippe, on court à le venger

Lorsqu'on s'y voit forcé pat. son propre danger,

F.t quand cet intérêt qu'on prend pour sa mémoire

Fait notre sûreté comme il croît notre gloire !

César est généreux, j'en veux être d'accord;

Mais le roi le veut perdre , et son rival est mort.

Sa vertu laisse lieu de douter h l'envie

De ce qu'elle feroit s'il le voyoit en vie :

Pour grand qu'en soit le prix , son péril en rabat ; ^

Cette ombre qui la couvre en affoiblit Vt'-cht :

L'amour même s'y mêle , et le force à combattre ;

Quand il venge Pompée, il défend Cléopâtre.

Tant d intérêts sont joints à ceux de mon époux ,

Que y. isf devrois rien à ce qu il fait pour nous^

Si , comme pai- soi-même un grand cœur juge un autre, 9

Je n'aimois mieux juger sa vertu par la nôtre .

Et croire que nous seids armons ce combattaiil , '"

Parcequ'au point qu'il est j'en voudrois faire autant.

28o LA MORT DE POMPÉE.

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