ACTE V, se É>' E V
O honte pour Cesar, qu'avec tant de puissance , ^ lant de soins pour vous rendre entière obéissance, Il n'ait pu toutefois , en ces événements , Obéir au premier de vos commandements ! Prenez-vous-en au ciel , dont les ordres sublimes 7 Malgré tous nos efforts savent punir les crimes ; Sa rigueur envers lui vous ouvre un sort plus doux , Puisque par cette mort l'Egypte est toute à vous.
CLÉOPATRE
Je sais que j'en reçois un nouveau diadème,
Qu'on n'en peut accuser que les dieux et lui-même ;
Mais comme il est, seigneur, de la fatalité ^
Que l'aigreur soit mêlée à la félicité ,
Ne vous offensez pas si cet heur de vos armes ,
Qui me rend tant de biens, me coûte un peu de larmes,
Et si , voyant sa mort due à sa trahison ,
Je donne à la nature ainsi qu'à la raison.
Je n'ouvre point les yeux sur ma grandeur si proche.
Qu'aussitôt à mon cœur mon sang ne le reproche :
J'en ressens dans mon ame un murmure secret,
Et ne puis remonter au trône sans regret.
Un grand peuple, seigneur, dont cette cour est pleine, ' Par des cris redoulîk's demande à voir sa reine , Et, tout impatient, déjà sepiaint aux cienx Qu'on lui donne trop tard un bien si précieux.
CÉSAR
Ne lui refusons plus le bonheur qu'il désire : Princesse , allons par-là commencer v otre empire. Fasse le juste ciel , propice à mes désirs , Que ces longs cris de joie étouffent vos soupirs, ' " p. Corneille. 2. 25
"sgo LA MORT DE POSIPÉE. ACTE V, SCÈNE V Et puissent ne laisser dedans votre pensée Qiie l'image des tiaits dont mon ame est blessée ! Cependant , qu'à l'envi ma suite et votre cour Préparent poiu- demain la pompe d'un beau jour, Où, dans un digne emploi l'une et l'autre occupée, Coiu-onne Cléopâtre , et m'apaise Pompe'e , Élève à l'une un trône , à l'autre des autels , Et jure à tous les deux des lespects immortels.
FIN DE tA MORT DE POMPEE.