ACTE V, SCÈxNE IV. gS
Je m'y trouvL- Ibicé par un secret appas; Je cide à des transports que je ne connois pas ; ^ Et , par un mouvement que je ne puis entendre , 4 De ma fureur je passe au zèle de mon gendre. C'est lui , n'en dou ?z point, dont le sang innocent Pour son persécuteur prie un Dieu tout-puissant ; Son amour cpandu sur toute la famille 5 Tire après lui le père aussi-bien que la fille. J'en ai fait un martyr, sa mort nie fait chrétien : 3 'ai fait tout son bonheur , il veut faire le mien. C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce : Heureuse cruauté dont la suite est si douce ! Donne la main, Pauline. Apportez des liens", Immolez à vos dieux ces deux nouveauri chrétiens. Je le suis , elle l'est ; suivez votre colère.
PAULIÎfE.
Qu'heureusement enfin je retrouve mon père !
Cet heureirx changement rend mon bonheur parfait.
FLLIX.
Ma fille, il n'appartient qu'à la main qui le fait.
SÉVÈRE
Qui ne seroit touché d'im si tendre spectacle ?
De pareils changements ne vont point sans miracle. ^
Sans doute vos chrétiens , qu'on persécute en vain ,
Ont quelque chose en eux qui surpasse l'humain ;
Ils mènent une vie avec tant d'innocence, 7
Que le ciel leur en doit quelque reconnoissance :
Se relever plus forts , plus ils sont abattus , ^
N'est pas aussi l'effet des conilnunes vertus.
Je les aimai toujoiurs , quoi qu'on m'en ait pu dire ;
•Je n'en vois point moiu-ir que mon cœur n'en soupire ;