ACTE I I, se EN E V. i3j
Avant qiiëtre au hasard qu'un autre bras t'immole, Je veux dans ma maison avoir qui m'en console ; Je veux qu'un petit-fds puisse y tenir ton rang, Soutenir ma vieillesse , et réparer mon sang. En un mot, je le veux.
DORANTE
Vous êtes inflexible ?
Fais ce que je te dis.
DORANTE
Mais s'il m'est impossible ?
GÉRONTE
Impossible ! et comment ?
DORANTE
Souffrez qu'aux yeux de tous Pour obtenir pardon j'embrasse vos genoux. Je suis ....
GÉRONTE
Quoi?
DORANTE
Dans Poitiers ....
GÉRONTE
Parie dont , et te lève.
DORANTE
Je suis donc marié, puisqu'il faut que j'acliève.
GÉRONTE
Sans mon consentement ?
DORANTE
On m'a violenté.
Vous ferez tout casser par voire lutorité :
i36 LE MENTEUR.
Slais nous fûmes tous deiix forcés à l'iiyméûëe
Par la fatalité la plus inopinée
Ali ! si vous le saviez !
GÉnONTE.
Dis, ne me cache rien.
DOUANTE.
Elle est de fort bon lieu, mon père ; et pour son bien , S il n'est du tout si grand que votre humeur souliaile . .
GÉnOSTE.
Sachons , à cela près , puisque c'est chose faite. Elle se nomme ?
DORA5TE
Orpliise ; et son père, Armédon.
GÉR035TE
Je n'ai jamais ouï ni l'un ni l'autre nom. aiais poiu-suis.
DORANTE
7e la vis prescjue à mon airivée.
Une ame de rocher ne s'en fût pas sauvée , Tant elle avoit d'appas , e: tant son œil vainqueur Par une douce force assujettit mon cœur ! Je cherchai donc chez elle à faire connoissance : Et les soins obligeants de ma persévérance Surent plaire de sorte à cet objet charmant , Que j'en fus en six mois autant aimé qu'amant. J'en reçus des faveurs secrètes , mais honnêtes ; Et j'étendis si loin mes petites conquêtes , Qu'en son quaitier souvent je me coulois sans bruit Pour causer avec elle une part de la nuit.
Un soir que je venois de monter dans sa chambre . . (Ce fut, s il m en souvient, le second de septembre, ^