‹ Chefs-d'œuvre de P. Corneille (volume 2)Chapitre 98 sur 162 · C L A R I C E , LUCRÈCE, S A R I N F · texte numérisé non relu

C L A R I C E , LUCRÈCE, S A R I N F

Tl t'en veut tout de bon, et ni 'en voilà déraite : ' Mais je souffre aisément la perte que j'ai Lite ; Alcippe la répare , et son père est ici.

LUCRÈCE

Te voilà donc bientôt quitte d'un grand souci.

CLARICE

M'en voilà bientôt quitte; et toi, te voilà prête A t'enrichir bientôt d'une étrange conquête. ïu sais ce qu'il m'a dit.

SABINE

S'il vous mcntoit alors , A présent il dit vrai ; j'en réponds coqis pour coips;

Peut-être qull le dit ; mais c'est im graud peut-être.

LUCRÈCE

Dorante est un grand fourbe, et nous l'a fait connoître; Mais s'il continuoit encore à m'en conter. Peut-être avec le temps il me feroit douter.

CLARICE

Si tu l'aimes , du moins , étant bien avertie , ^ Prends bien garde à ton fait , et fais bien ta partie.

LUCRÈCE

C'en est trop ; et tu dois seulement présumer Que je penche à le croire , et non pas à l'aimer.

CLARICE

De le croire à l'aimer la distance est petite : Qui fait croire ses feux fait croire son mérite ; Ces deux points en amour se suivent de si près. Que qui se croit aimée aime bientôt après.

LUCRÈCE

La curiosité souvent dans ouelques âmes

Produit le même effet que produirolcnt des flammes.

CLARICE

Je suis prête à le croire , afin de t'obliger.

SABINE

Vous me feriez ici toutes deux enrager. Voyez , qu'il est besoin de tout ce badinage ! Faites moins la sucrée, et changez de langage.; Ou vous n'en casserez , ma foi , que d'uue dent. ^

LUCRÈCE

Laiisons là cette folle ; et dis-moi cependant;

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