ACTE IV, SCÈNE II. i
C'est à ses intérêts que je vais l'inmiolcr,» Dit-il; et tout d'un temps on le voit y voler. La victoiie entre eux deux n'ctoit pas incertaine ; L'Albain percé de coups ne se traiaoit qu'à peine, Et, comme une victime aux marches de l'autel, Il sembloit préienter sa £;orp;e au coup mortel : Aussi le reçoit-il , peu s'en faut , sans deiéiise ; Et sou tre'pas de Rome établit la puissance.
LE VIEIL HORACE
O mon fils ! ô ma joie ! ô riiouneur de nos Jours ! O d'un état pcncliant l'inespéré secours ! V^ertu digne de Rome, et sang digi-.e d'Horace ! Appui de ton pays , et gioirt de ta race 1 <^)uand pourrai-je étouffer dans tes embrassements L'erreur d>nt j'ai formé de si faux sentiments? Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'alcgresse ?
VALÈRE
Vos caresses bientôt pourront se déployer ; JjC roi , dans un moment , vous le va renvoyer , Et remet à demain la pompe qu'il prépare Ij'u'i sacrifice aux dieux pour un l'oulicur si rare. Aujourd'liui seulement ou s'a -quitte .ers eux Par des chants de victoire et par de sinipies vœux: C est où le roi le mène ; et tandis il m euvoie 7 Faiie office vers vous de douleur et de joie. Mais cet o2icc cncor n'est pas assez pour lui ; Il y viendra lui-même, et peut-être aujourd'hui j Il croit mal reeonnoîlre une vertu si pure, Si de sa propre bouche il uc voi;s en assure,
I». Corneille. 1. l3
I \6 HORACE
S'il ue TOUS dit cLez vous combien vous doit l'état.
LE VIEIL HOïlACE.
De tels remercîmcnts ont pour moi trop d'éclat ; Et je me tiens de'jà trop payé par les vôtres Du service d'un fils , et du sang des deux autres.
VALÈUE.
Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi ; ^
Et son sceptre arraché des mains de l'ennemi
Fait qu'il tient cet honneur qu'il lui plaît de vous faire
Au-dessous du mérite et du fils et du père.
Je vais lui témoigner quels nobles sentiments
La vertu vous inspire en tous vos mouvements ,
Et combien vous montrez d'ardeur pour son service.
LE VIEIL HORACE
Je vous devrai beaucoup pour un si bon office. 9