‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 148 sur 173 · CINNA, MAXIME · texte numérisé non relu

CINNA, MAXIME

MAXIME

QuEt est votre dessein après ces beaux discours? '

Le même que j'avois, et quo j'aurai toujours.

MAXIME

Un clief de conjures flatte la tyrannie !

CINNA

Un chef de conjure's la veut voir impunie !

MAXIME

Te veux voir Rome libre. ^

CINNA

Et vous pouvez juger Que je veux l'affranchir ensemble et la venger. Octave aura donc vu ses fureurs assouvies, ^ Pillô jusqu'aux autels, sacrifié nos vies, Rempli les champs d'iiorreur, comblé Home de morts, Et sera quitte après pour l'efiet d'un remords ! Quand le ciel par nos mains à le punir s'apprête, Un lâche repentir garantira sa têie ! 4 C'est trop semer d'appâts, et c^st trop iuvitei Par son impunité quelque autre à l'imiter.

ai; € I N N A.

Vengeons nos citoyens , et que sa peine étonne Quiconque après sa mort aspire à la couronne. Que le peuple aux tyrans ne soit plus expose j S'il eût pvmi Sylla , Cësar eût nmins ose'.

MAXIME

Mais la mort de César, que vous trouvez si juste , A srrvi de prétexte aux cruautés d'Auguste. Voulant nous affranchir, Brute s'est abusé; S'il n'eût puni César, Auguste eût moins osé. 5

ciyy A.

La faute de Cassie, et ses terreurs paniques, Ont fait rentrer l'état sous des lois tyranniqucs ; Mais nous ne verrons point de pareils accidents, Lorsque Rome suivra des chefs moins imprudents.

Nous sommes encor loin de mettre en évidence Si nous nous conduirons avec plus de prudence ; Cependant c'en est peu que de n'accepter pas Le bonheur qu'on recherche au péril du trépas.

c'en est encor bien moins, alors qu'on s'imnt;inc Guérir un mal si grand sans couper la racine : Employer la douceur à cette guérison , C'est , en fermant la plaie , y verser du poison.

MAXIME

Vous la voulez sanglante , et la rendez douteuse.

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