ACTE II, s Cl:; JX E II. 2i
CINNA
On eu son lâchement si la vertu n'agit.
MAXIME
Jamais la lilierté ne cesse d elre aimable ;
Et c'est toujours pour Rome un bien inestimable.
CINNA
Ce ne peut être un bien qu'elle daigne estimer,
Quand il vient d'une main lasse de l'opprimer:
Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie
Le rebut du tyran dont elle fut la proie ;
Et tout ce que la gloire a de vrais partisans
Le hait trop puissamment pour aimer ses présents.
MAXIME
Donc pour vous Emilie est un objet de haine ?
CINNA
La recevoir de lui me seroit une gêne :
Mais quand j'aurai vengé Rome des maux soufTerts, '*
Je saurai le braver jusque dans les enfers.
Oui , quand par son trépas je l'aurai méritée ,
Je veux joindre à sa main ma main ensanglantée, 7
L'épouser sur sa cendre , et qu'après notre effort
Les présents du tyran soient le prix de sa mort.
MAXIME
Mais l'apparence, ami, que vous puissiez lui plaire Teint du sang de celui qu'elle aime connue un père? Car vous n'êtes pas homme à la violenter.
CINNA
Aini , dans ce palais on peut nous écouler, ^
2i6 CINNA.
Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal propre à notre confidence : Sortons, qu'en sûreté j'examine avec vous Pour en venir à bout les moyens les plus doux.