ACTE IV, SCÈNE III. a
Et si tout ce que Rome a d'illustre jeunesse
Pour te faire périr tour à tour s'intéresse :
Meurs, puisque c'est un mal que tu ne peux guérir:
I^Ieurs enfin , puisqu'il faut ou tout perdre , ou mourir;
La vie est peu de chose , et le peu qui t'en reste 4
Ne vaut pas l'aclieter par un prix si funeste :
Meurs ; mais quitte du moins la vie avec éclat,
Éteios-en le flambeau dans le sang de l'ingrat ;
A toi-même en mourant immole ce perfide ;
Contentant ses désirs , punis son parricide ;
Fais un tourment pour lui de ton propre trépas ,
En faisant qu'il le voie et n'en jouisse pas.
Mais jouissons plutôt nous-mêmes de sa peine; 3
Et si Rome nous hait, triomphons de sa haine.
O Romains ! ù vengeance ! ô pouvoir absolu î O rigoureux combat d'un cœur irrésolu Qai fuit en même temps tout ce qu'il se propose I D'un prince malheureux ordonnez quelque chose. Qui des deux dois-je suivre , et duquel m'éloigner ? * Ou laissez-moi périr, ou laissez-moi régner.