‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 163 sur 173 · AUGUSTE, LIVIE · texte numérisé non relu

AUGUSTE, LIVIE

AUGUSTE

Madame on me trahit, et la main qui me tue Rci.d s< us mes déplaisirs ma constance abattue. Cinna , Cinna le traître. . . .

LIVIE

Euphorbe m'a tout dit, Seigneur, et j'ai pâli cent fuis ù ce récit.

Mais t'coiiteriez-vous les conseils d'une femme?

AUGUSTE

Hélas ! de quel conseil est capable mon ame ?.

LIVIE

Votre sévérité , sans produire aucun fruit ,

Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de br%it.

Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide :

Salvidien à bas a soulevé Lépide ;

Murène a succédé , Cépion l'a suivi ;

Le jour à tous les deux dans les tourments ravi

N'a point mêlé de crainte à la fureur d'Égnace,

Dont Cinna maintenant ose prendre la place;

Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjets

Ont voulu s'eunobiir pai" de si liauîs projets.

Après avoir en vain puni leur insolence ,

Essuyez sur Cinna ce que peut la clémence ;

Faites son cliâiiment de sa confusion.

Cherchez le plus utile en cette occasion :

Sa peine i)eut aigrir une ville animée ;

Sou pardon peut servir à votre renonunée ;

Et ceux que vos r'gueurs ne font qu'eflarouclier

Peut-être à vos bontés se laisseront touclier.

AUGUSTE

Gagnons-les tout-à-fait en quittant cet empire Qui nous rend odieux , contre qui 1 on conspire. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; ^ Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus.

Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise ; Si je t'ai mise aux fers, moi-même je le» brise, Et te rends ton état , après l'avoir conquis , Plus paisible et plus grand que je ne te lai pris :

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