AUGUSTE, LIVIE
AUGUSTE
Madame on me trahit, et la main qui me tue Rci.d s< us mes déplaisirs ma constance abattue. Cinna , Cinna le traître. . . .
LIVIE
Euphorbe m'a tout dit, Seigneur, et j'ai pâli cent fuis ù ce récit.
Mais t'coiiteriez-vous les conseils d'une femme?
AUGUSTE
Hélas ! de quel conseil est capable mon ame ?.
LIVIE
Votre sévérité , sans produire aucun fruit ,
Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de br%it.
Par les peines d'un autre aucun ne s'intimide :
Salvidien à bas a soulevé Lépide ;
Murène a succédé , Cépion l'a suivi ;
Le jour à tous les deux dans les tourments ravi
N'a point mêlé de crainte à la fureur d'Égnace,
Dont Cinna maintenant ose prendre la place;
Et dans les plus bas rangs les noms les plus abjets
Ont voulu s'eunobiir pai" de si liauîs projets.
Après avoir en vain puni leur insolence ,
Essuyez sur Cinna ce que peut la clémence ;
Faites son cliâiiment de sa confusion.
Cherchez le plus utile en cette occasion :
Sa peine i)eut aigrir une ville animée ;
Sou pardon peut servir à votre renonunée ;
Et ceux que vos r'gueurs ne font qu'eflarouclier
Peut-être à vos bontés se laisseront touclier.
AUGUSTE
Gagnons-les tout-à-fait en quittant cet empire Qui nous rend odieux , contre qui 1 on conspire. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; ^ Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus.
Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise ; Si je t'ai mise aux fers, moi-même je le» brise, Et te rends ton état , après l'avoir conquis , Plus paisible et plus grand que je ne te lai pris :