‹ Chefs-d'œuvre de P. CorneilleChapitre 34 sur 173 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harnoÏ8| Ce sang pour vous servir prodigué tant de fois, Ce bras jadis l'efiVoi d'une armée ennemie, Descendoient au tombeau tout chargés d'infamie , Si je n'eusse produit un fils digue de moi , Digne de son pays , et digne de son roi : Il m'a prêté sa main, il a tué le comte ; Il m'a rendu l'honneur, il a lavé ma honte. Si montrer du courage et du ressentiment. Si venger un soufflet mérite un châtiment, Sur moi seul doit tomber Téclat de la tempête : Quand le bras a failli , l'on en punit la tête. Bu crime glorieux qui cause nos débals , ^ Sire, j'en suis la tête, il n'en est que le bras. Si Chimène se plaint qu'il a tué son père, Il ne l'eût jamais fait si je l'eusse pu faire, îirunolez donc ce chef que les ans vont ravir, l",t conservez pour vous le bras qui peut servir. \ux dépens de mon sang satisfaites Chimène : • Je n'y résiste point , je consens à ma peine ; Tt, loin de murmurer d'un rigoureux décret, Mourant sans déshonneur je mourai sans regret.

LE ROI

I, affaire est d'importance, et, bien considérée, Mérite en plein conseil d'être délibérée. Don Sanche, remettez Chimène en sa maison. Pon Diègue aura ma cour et sa foi pour prison. <Ai'on me cherche sou fils. Je vous ferai justice.

CHlMi:NE.

' Tl est ju.ste, grand roi, qu'un meurtrier périsse.

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