ACTE I, SCÈNE I. loi
Au malheur des vaincus donnoit toujoura ses pleurs,
Et nourrissoit ainsi d'éternelles douleurs.
Mais hier, quand elle sut qu'on avoit pris journe'e, '4
Et qu'enfin la bataille alloit être donne'e ,
Une soudaine joie éclatant siu- sou front ....
SABINE
Ah ! que je crains , Julie , un clianj^ement si prompt ! Hier dans sa belle humeur elle entretint Valère ; * ^ Pour ce rival , sans doute , elle quitte mon frère ; ' ^ Sou esprit , ébranlé par les objets présents , ' 7 Ne trouve point d'absent aimable après deux ans. Mais excusez l'ardeur d'une amour fraternelle ; Le soin que j'ai de lui me fait craindre tout d'elle : Je forme des soupçons d'un trop léger sujet. ' '' Près d'un jour si funeste ou chdnge peu d'objet , Les âmes rarement sont de nouveau blessées ; Et dans un si grand trouble on a d'autres pensées : Mais on n'a pas aussi de si doux entretiens, ^9 Ni de contenterricnts qui soient pareils aux siens.
JULIE
Les causes, comme à vous, m'en semblent fort obscures", Je ne me satisfais d'aucunes conjectures. C'est assez de constance en un si grand danger Que de le voir, l'aitendre, et ne point s'iifTliger; Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie.
SABINE
Voyez qu'un bon génie à propos nous l'envoie. ^" Essayez sur ce point à la faire parler ; '-* ' Elle vous aime assez pour ne vous rien celer. Je vous laisse.
loâ HORACE.