ACTE II, SCÈNE V î. i
Qu'un de vous deux me tue , et qu l'autre me venge : Alors votre combat n'aura plus rien d étrange Et du moins l'un des deux sera juste a^^resstur, Ou pour veuf:;er sa feiimie , ou pour venger sa sœur. ^ IVJais quoi I vous souilleriez une gloire si belle, Si vous vous animiez par quelque autre querelle : Le zèle du pays vous défend de tels soins ^ Vous feriez peu pour lui si vous vous étiez moins : 3 Il lui faut , et sans haine , immoler un beau-frère. Ne différez donc plus ce que vous devez faire , Commencez par sa sœur à répandre son sang , Commencez par sa femme à lui percer le flanc , Commencez par Sabine à faire de vos vies Un digne sacrifice à vos chères patries : Vous êtes ennemis en ce combat fameux , Vous d'Albe, vous de Rome, cl moi dt toutes deux. Quoi ! me réservez-vous à voir une victoire "i Où, pour haut appareil d'une pompeuse gloire, Je verrai les lauriers d'un frère ou d'iui mari Fumer encor d'un sang que j'aurai tant cliéri? Pourrai-je entre vous deux régler alors mon ame, Satisfaire aux devoirs et de sœur et de Icunne , Embrasser le vainqueur en pleui'ant le vaincu? Non, non, avant ce coup Sa!)inc aura vécu; Ma mort le préviendra, de qui (jue je l'oLtienne; Le refus de vos mains y coudamnc la r.iicDiie. Sus donc, qui vous re'ient'. Al.ez, cœn.s n;humains, J'aurai trop de irioyca pour y fiircci vos mains j Vous ne les aurez pi), t au . mibat occupées. Que ce corps au mil eu n'arrête vos ép'.'es ; Et, malgié vos rCiUs , il luudra que leurs coups Se fassent jour ici pour aller jusqu à vous.
124 HORACE
HORACE
O ma femme !
CURIACE
O ma sœur !
CAMILLE
Courage ! ils s'amollissent.