‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 1 sur 89 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

dans ses flancs généreux, elle en reçut, semble-t-il, une fécondation puissante. Ce fut d'elle qu'aux jours d'aurore de la Renaissance, l'Art devait sortir pour s'épandre sur le monde, reparaissant après un long oubli, parcourant tous les degrés d'une vie nouvelle, et, avant d'arriver à la maturité, empruntant à l'enfance et à l'adolescence les charmes naïfs de ces jeunes saisons.

Cette renaissance venait après de longs siècles d'un sommeil de mort. Il était né, au milieu des persécutions, un art chrétien ; non sans peine, sans doute, car si les besoins de la nature appelaient sur les murs des catacombes la représentation des symboles religieux et des personnages sacrés, la religion nouvelle était en défiance du génie d'Apelles et de Phidias, qui avait prêté au paganisme un si puissant concours. Le ciseau des sculpteurs avait en effet divinisé la forme humaine ; le culte de la volupté et de l'amour avait tiré une force incroyable de la beauté et de la perfection des idoles. On prit donc bien garde de ne point ouvrir de porte à la sensualité. La sculpture, — et après les fureurs des iconoclastes ce futune sorte de transaction, — la sculpture, plus coupable, fut proscrite; la peinture seule fut tolérée, mais à quelles conditions! L'artiste dut, sous d'amples robes, dissimuler le plus complètement possible la forme humaine et celle même de l'Enfant Jésus. Son but unique fut de donner un corps à l'idée religieuse ; sa première préoccupation, d'éviter toute invitation aux pensées profanes. Le Christianisme avait emprunté aux terreurs des persécutions, aux horreurs des invasions et des guerres, un caractère sombre et farouche, auquel vint se mêler le mysticisme oriental ; car les Grecs de Byzance avaient succédé aux Grecs d'Athènes et de Rome, et

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