‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 2 sur 89 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

obtenaient encore dans la peinture et la mosaïque une sorte de monopole.

Ce fut l'art byzantin. Les personnes sacrées sont assises dans une attitude hiératique et une immobilité solennelle ; leurs proportions sont maigres et allongées comme celles des ascètes ; Tagencement des membres se perd dans les plis raides et géométriques des draperies ; le geste est d'une extrême sobriété ; l'expression, à peine traduite dans des traits d'une rigidité sévère ; si une pensée élevée semble écrite sur les visages, si l'on sent que l'artiste a voulu exprimer quelque redoutable mystère, la vie paraît absente, les personnages ont un air de spectre : ce ne sont plus des figures humaines, ce sont des symboles mystiques.

Pendant plusieurs siècles se transmit cette peinture religieuse avec la fidélité jalouse dont on entoure la tradition d'un dogme. 11 avait suffi de quelques images miraculeuses comme la Vierge de saint Luc pour rendre à jamais vénérables et sacrés un type particulier, une certaine pose, que le peintre devait éternellement reproduire. On s'éloigna nécessairement de plus en plus de la nature ; la somptuosité des ornements et des dorures remplaça la beauté absente et accusa d'autant la barbarie du dessin.

On comprend ainsi que sous la féodalité nous retrouvons les peintres joints aux doreurs dans l'organisation des maîtrises et des jurandes. Hélas ! ils étaient tombés si bas qu'ils ne pouvaient à eux seuls former une corporation, et certains pays même les voyaient réunis aux menuisiers. Les traces de cette union du peintre et du doreur ne s'eff*aceront pas de longtemps. Les ors se multiplièrent, et dans les fonds, et dans les nimbes, et dans

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