LORENZO DI CREDI
de ses savantes études, et tout le charme qu'une foi vive et qu'un cœur ému pouvaient leur prêter.
De toutes les œuvres de ce peintre, celle que nous allons décrire est certainement l'une des plus remarquables. Vasari a parlé de ce tableau dans des termes qui justifient notre appréciation : « Le meilleur ouvrage que Lorenzo ait peut-être jamais fait, » nous dit cet auteur, « celui qu'il étudia avec le plus de soins et oii il se montra supérieur à lui-même, se trouve dans une chapelle de Cestello. 11 représente la Vierge, saint Juhen, saint Nicolas. L'examen de cette peinture, exécutée avec une recherche qu'on ne peut surpasser, fait voir combien, dans les peintures à l'huile, le soin contribue à leur conservation. »
La Vierge est assise sur un trône élevé dans un vestibule décoré de pdastres dans le goût de la Renaissance. Elle tient sur ses genoux l'enfant Jésus qui bénit. Saint Julien l'Hospitalier est debout devant lui et adore, les mains jointes ; de l'autre côté du trône, saint Nicolas, évêque de Myre, paraît absorbé dans la lecture des Livres saints.
Ce n'est pas sans raison que Yasari nous dit que ce tableau a été élaboré avec un soin extrême. Lorenzo avait pris goût, dans l'étude de Léonard, pour les déhcatesses du pinceau, mais à l'encontre de ce grand peinti e, qui pousse quelquefois son travail jusqu'à décolorer les chairs par des teintes noirâtres, Lorenzo reste toujours clair et ne prend d'ombre que ce qu'il lui faut pour bien exprimer le relief. Ses carnations ont cependant une légère teinte de bistre, qu'il a sans doute empruntée aux peintres vénitiens et qui réchauffe sa couleur. Mais ce qui est admirable dans cette composition, c'est l'expression des figures, c'est le sentiment qui y règne. Lorenzo a mis là toutes les tendresses de son âme.
OF THE UN8VERSITY OF ILLINOIS
ANDREA DE SOLARIO