‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 29 sur 89 · LA VIERGE ET L'ENFANT · texte numérisé non relu

LA VIERGE ET L'ENFANT

(N° 156 du Catalogue.)

Si Lorenzo di Credi ne nous a laissé que des tableaux de piété et quelques portraits, ce n'est pas que toute sa vie ait été consacrée à des sujets religieux. Il avait dans sa jeunesse puisé ses inspirations à des sources moins austères et les antiques rassemblés par les Médicis ne comptaient pas de plus fervent admirateur. Mais sur lui comme sur Botticelli et sur celui qui devait être fra Bartolommeo, avait passé l'ardente parole de Savonarole, et Lorenzo avait jeté dans le bûcher allumé par Téloquent dominicain les nudités qu'il avait peintes et toutes ses œuvres profanes.

Formé au grand style, au dessin correct et pur, aux noblesses imposantes de la statuaire grecque, dont l'étude remettait en honneur la beauté de la forme, trop oubhée parles premiers peintres de la Renaissance, Lorenzo di Credi mit un pinceau déjà exercé au service de cet enthousiasme nouveau et tout chrétien que les prédications enflammées de Savonarole venaient d'allumer au cœur des artistes toscans. Son âme tendre ne connut plus que les douces émotions que donne la piété ; la Madone et les saints remphrent ses rêves et prirent sous ses pinceaux des formes nobles et belles, dignes

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