FRA BARTOLOMMEO
sive et élevée, Léonard de Yinci devint tout naturellement sinon son maître, du moins son inspirateur; c'est de ce grand novateur qu'il faut chercher le point de départ du Frate, son sentiment du clair-obscur, ses colorations fondues, son modelé puissant.
Avant d'examiner en détail le tableau du Mariage de sainte Catherine^ disons aussi que, parmi les sources oii fra Bartolommeo a puisé, nous ne devons pas oublier l'école vénitienne qu'il ne put étudier que très-hâtivement, mais qui a donné cependant à sa couleur une puissance et un ressort qu'elle ne connaissait pas.
La Vierge assise sur un trône, entourée de saint Pierre, de saint Barthélémy, de saint Vincent et d'autres personnages tenant des palmes, préside au mariage mystique de l'Enfant Jésus avec sainte Catherine de Sienne, agenouillée devant lui. Derrière la Vierge, saint François et saint Dominique s'embrassent en témoignage de l'affection qui les unit. Sur la base du trône au-dessus du nom du peintre on lit la pieuse inscription : Orate pro pictore.
On retrouve dans ce tableau la symétrie savante et hbre, le balancement des groupes, l'ampleur dans la draperie, la recherche du type générahsé, et aussi, mais dans certaines parties seulement, la richesse de coloration qui forment les caractères principaux de la mâle peinture du Frate. Les rideaux du dais sont relevés par des anges d'un style qui rappelle celui de Raphaël; la grandeur sereine des attitudes et le bon goût du dessin montrent aussi quelle parenté unissait le talent du dominicain au génie de Raphaël. La partie faible de ce tableau, si puissant d'ailleurs, est l'émotion: chose bizarre que l'ardente piété du moine ail été trahie par sou savant pinceau I
MARIAGE DE SAIME CATHEr.lNE.