MARIAGE DE SAINTE CATHERINE
(N" 57 du Catalogue.)
Devant l'éclat que jettent les noms de Raphaël, de Michel-Ange et de Léonard, le nom de Bartolommeo doit sans doute s'effacer, mais il ne faut pas cependant que les princes de la peinture nous empêchent de rendre à leurs contemporains la justice qui leur est due. Fra Bartolommeo eût suffi à illustrer une époque moins brillante de la peinture itahenne; il est de la race des grands maîtres, il leur a pris beaucoup et leur a donné quelque chose.
Élevé, sous les Médicis, dans l'admiration de l'antiquité, formé à ce dessin savant, à cette hauteur de style qui allaient être la gloire de l'école florentine, le jeune Baccio délia Porta devint un des disciples les plus fervents de Savonarole. Il reçut de l'éloquent dominicain les leçons d'une esthétique nouvelle, et délaissant les fictions profanes de la mythologie et l'amour rétrospectif des nudités antiques, il s'adonna tout entier à l'idéal chrétien. Il chercha à parler au cœur, à donner à l'art une signification, une portée morales, et s'inspira uniquement des hautes conceptions de sa foi. Le langage naïf des vieux maîtres ne pouvait lui suffire après son étude approfondie des antiques, le sentiment chrétien devait pour lui s'envelopper d'une forme plus savante en même temps qu'exprès-