AGNOLO BRONZINO
l'un des premiers sculpteurs de ce temps. 11 eu sortit avec la réputation d'un artiste consommé dans son art et se plaça en quelques années au premier rang par son Hercule colossal qui esta Florence, par sa copie du Laocoon, par son Orphée charmant Cerbère que Rome possède, par son Mercure jouant de la flûte qui, acheté en 1530 par Gio. Battista délia Palla, fut envoyé au roi de France. Il est moins connu cependant par ces chefs-d'œuvre que pour avoir lacéré l'une des plus belles œuvres de Michel-Ange. Partisan enthousiaste de Léonard de Vinci, il avait voué à Michel-Ange une haine féroce, et quand celui-ci eut vaincu son rival dans le concours des cartons de Pise, Bandinelh n'eut qu'une pensée, celle de venger le peintre qu'il aimait, de sa défaite. Il pénétra, à l'aide d'une fausse clef, dans la salle où le carton de Michel-Ange était renfermé et le mit en pièces.
Sa mort eut heu, dit-on, dans des circonstances assez singulières. Il travaiUait, à l'âge de soixante-douze ans, à sou propre tombeau, dans lequel il voulait transporter lui-même les ossements de sou père, mais l'émotion que cette inhumation lui causa fut telle qu'il fut frappé de fohe et mourut peu après.
Bronzino a rarement réussi un portrait de la sorte ; son tableau est une des œuvres les plus précieuses que nous possédions de la peinture itahenne, et c'est bien à raison qu'il figure au Salon Carré. Le mérite du style et de la couleur l'avait d'abord fait attribuer à Sébastien del Piombo. Le dessin, très-simple en apparence, est serré et fort, le modelé est rigoureusement exact dans ses savantes abréviations. Il est difficile de donner à une figure une attitude plus naturelle et une physionomie plus expressive. La franchise, la volonté, la modeste conscience de son talent et le ferme désir d'arriver, sont exprimés sur ce jeune et énergique visage avec une grande vérité. Ce portrait est vivant, nous dit Yasari, et Vasari a rarement aussi bien placé cet éloge, un peu banal dans sa bouche.
On ne peut guère connaître Bronzino par une œuvre qui mette mieux ses quahtés en saiUie, et qui laisse mieux dans l'ombre ses défauts : sa manière tourmentée jusqu'à l'affectation, et une sécheresse de dessin quelquefois destructive de rehef et de couleur.
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por.Tr.Air d'un sculpirlu
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