‹ Chefs-d'Œuvre de peinture au Musée du Louvre ... Ecole italienneChapitre 64 sur 89 · DANIELE RICGIARELLI, DIT DANIEL DE VOLTERRE · texte numérisé non relu

DANIELE RICGIARELLI, DIT DANIEL DE VOLTERRE

changements dans ses copies, qui ne sont pas d'une concordance parfaite.

La coloration de cette œuvre est inégale, arbitraire, alternée de tons clairs et de tons foncés. Elle est déplaisante à l'œil et choque tous ceux qui ont le sentiment de l'harmonie dans la couleur. Lorsqu'on en fait abstraction et qu'on passe au-dessus de cette impression du premier coup d'œil, pour s'attacher uniquement au dessin, on trouve un dessin robuste^ profondément étudié et digne en tous points de l'élève favori de Michel-Ange. C'est une étude toute sculpturale et qu'on voudrait voir réaliser en bronze ou en marbre; la figure du géant vaincu, qui se débat sous l'étreinte de David, est tout à fait remarquable. La conception générale de cette figure, le détail accentué des parties nues, sont tout à fait dans le goût de Michel-Ange. La figure de David, sans être aussi admirable, présente cependant de grandes beautés ; il y a dans le jeu des épaules et des muscles dorsaux quelque chose qui nous rappelle l'un des athlètes de la Lotta de Florence, groupe antique avec lequel notre tableau présente d'ailleurs quelques rapports.

Cette composition fut exécutée par Ricciarelh à une époque oii, abandonnant la peinture qui lui avait pourtant ménagé de beaux triomphes, il s'adonnait tout entier à la statuaire. La préoccupation du sculpteur s'est d'ailleurs montrée dans toutes ses œuvres de peinture, qui souvent déplaisent par un étrange mépris des convenances de couleur, mais étonnent presque toujours par la grandeur du dessin et l'élévation du style. Un goût trop prononcé pour les attitudes tourmentées fut l'écueil de son beau talent et de sa constante fidélité aux préceptes et aux exemples de Buonarroti.

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DOMENICO FETI

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