ACTE III, SCÈNE VI
Ce peu que mes vieux ans m’ont laissé de vigueur Se consume sans fruit à chercher ce vainqueur.
A toute heure, en tous lieux, dans une nuit si sombre, Je pense l’embrasser et n’embrasse qu’une ombre ;
Et mon amour, déçu par cet objet trompeur,
Se forme des soupçons qui redoublent ma peur.
Je ne découvre point de marques de sa fuite;
Je crains du comte mort les amis et la suite;
Leur nombre m’épouvante et confond ma raison. Rodrigue ne vit plus, ou respire en prison.
Justes cieux! me trompé-je encor à l’apparence,
Ou si je vois encor mon unique espérance !
C’est lui, n’en doutons plus: mes vœux sont exaucésj Ma crainte est dissipée, et mes ennuis cessés.