‹ Chefs-d'œuvre de Pierre CorneilleChapitre 60 sur 117 · D.FERNAND, D.DIEGUE, D. ARIAS, D.SANCHE, D. ALONSE, CHIMENE, EL VIRE · texte numérisé non relu

D.FERNAND, D.DIEGUE, D. ARIAS, D.SANCHE, D. ALONSE, CHIMENE, EL VIRE

CHIMÈNE

Sire, il n’est plus besoin de vous dissimuler Ce que tous mes efforts ne vous ont pu celer.

J’aimais, vous l’avez su ; mais, pour venger mon père.

J’ai bien voulu proscrire une tête si chère ;

Votre Majesté, Sire, elle-même a pu voir Comme j’ai fait céder mon amour au devoir.

Enfin Rodrigue est mort, et sa mort m’a changée D’implacable ennemie en amante affligée.

J’ai dû cette vengeance à qui m’a mise au jour.

Et je dois maintenant ces pleurs à mon amour.

Don Sanche m’a perdue en prenant ma défense,

Et du bras qui me perd je suis la récompense !

Sire, si la pitié peut émouvoir un roi,

De grâce, révoquez une si dure loi ;

Pour prix d’une victoire où je perds ce que j’aime.

Je lui laisse mon bien; qu’il me laisse à moi-même? Qu’en un cloître sacré je pleure incessamment,

Jusqu’au dernier soupir, mon père et mon amant.

DON DIEGÜE

Enfin elle aime, Sire, et ne croit plus un crime D 'avouer par sa bouche un amour légitime.

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