D.FERNAND, D.DIEGUE, D. ARIAS, D.SANCHE, D. ALONSE, CHIMENE, EL VIRE
CHIMÈNE
Sire, il n’est plus besoin de vous dissimuler Ce que tous mes efforts ne vous ont pu celer.
J’aimais, vous l’avez su ; mais, pour venger mon père.
J’ai bien voulu proscrire une tête si chère ;
Votre Majesté, Sire, elle-même a pu voir Comme j’ai fait céder mon amour au devoir.
Enfin Rodrigue est mort, et sa mort m’a changée D’implacable ennemie en amante affligée.
J’ai dû cette vengeance à qui m’a mise au jour.
Et je dois maintenant ces pleurs à mon amour.
Don Sanche m’a perdue en prenant ma défense,
Et du bras qui me perd je suis la récompense !
Sire, si la pitié peut émouvoir un roi,
De grâce, révoquez une si dure loi ;
Pour prix d’une victoire où je perds ce que j’aime.
Je lui laisse mon bien; qu’il me laisse à moi-même? Qu’en un cloître sacré je pleure incessamment,
Jusqu’au dernier soupir, mon père et mon amant.
DON DIEGÜE
Enfin elle aime, Sire, et ne croit plus un crime D 'avouer par sa bouche un amour légitime.