ACTE I^ SCENE II
Elle veut qu'à côté de ce deuil fraternel ; -
Nous sachions du devoir entendre aussi l'appel.
Prenant Im reiuc par la main et la pri'scniant à toute la cour.
Celle qui nous fut sœur, aujourd'hui notre reine,
Reprend ici pour tous ses droits de souveraine.
Associée au sort de ce puissant État,
Elle sera du trône et la grâce et l'éclat.
Mais nous avons le cœur à la Ibis plein et vide :
Si la lèvre sourit, la paupière est humide.
Car le chant nuptial succède aux chants de deuil ,
Et les fleurs de l'autel cachent mal un cercueil.
Du grand roi, notre frère, en épousant la femme
Nous avons bien suivi les penchants de notre âme ; Mais c'est afin surtout d'obéir à vos vœux, Qu'un hymen aussi prompt a couronné nos feux. Donc à vous tous, merci ! Notre joie est votre œuvre... Un mot sur Fortimbras. Ce jeune fou manœuvre Comme s'il se riait de nous et de l'État, Et se croit, Hamlet mort, permis tout attentat. Son orgueil est si grand qu'il touche à la démence : Aujourd'hui plus de borne à sa folle arrogance ; Formant nous ne savons quels rêves insensés^ Il vient revendiquer en termes courroucés Tous ses biens paternels, jurant de les reprendre S*il nous trouve obstinés à ne les lui point rendre. Nous nous émouvons peu de ces prétentions.
Mais voici, sur ce point, nos résolutions :
Montrant an pli cacheté.
Dans ce message écrit au vieux roi de Norwége , <
Oncle de Fortimbras , noas lui montroas le pièce Où cet écervelé bientôt Tanra fait choir, Puisque impotent, au lit, le roi peut ne pas voir Jusqu*où de l'imprudent ont tendu les menées ; Mais nous disons aussi qu'il faut que, refrénées. Ces provocations, dont nous nous sentons las. Prennent fin sur-Ie-cbamp , si du moins il fait cas De sa sécurité gravement compromise.
En vos fidèles mains cette lettre est remise , Brave Cornélius et dijpie Voltimand !
Vous savez vos dévoilas : que votre dévoùment. Joignant pour nous servir la force à la prudence. Les accomplisse !
Remettant la lettre aux mains de Voliimaud.
Allez et faites diligence.
CORNÉLIUS ET VOLTIMAND.
Vous serez obéi, Sire,
LE ROI , les congédiant de la main.
Adieu de tout cœur.
Cornclias et Voltimand lorleot.
Se tournant vert Laerte.
Et maintenant, Laerte , à nous deux , voyageur. Vous nous avez tantôt parié d'une requête :
Quelle est-elle? Toujours notre amitié fut prête A complaire à vos vœux, même à les devancer; Énoncez le désir qu'il nous faut exaucer :
Moins sûrement la tête au cœur est asservie.
Moins promptement la bouche est par la main servie,