LA REINE DE LA PIEGE
« Que trente fois encor chaque astre renouvelle
M Les évolutions de sa course annuelle ,
u Avant que le trépas sépare nos amours !
« Mais malgré moi je pleure, et je crains pour vos jours :
u Vous êtes si changé, si souffrant, si débile,
« Que mon cœur en conçoit une alarme fébrile.
« Ne vous effrayez point pourtant de ma terreur ;
u La femme est ainsi faite : aime-t-elle ? elle a peur ;
u De ces deux sentiments la mesure est la même
« En elle : nulle ici, là poussée à Textrême.
u Vous savez mon amour , et combien il est grand :
a Pardonnez donc l'effroi qui par moments me prend ;
« Lorsque Famour est fort , un rien seul l'épouvante :
« Quand la crainte grandit, c'est que l'amour augmente. »