ACTE V, SCÈNE II
HAMLET, gaiement.
J'aurai votre amitié, tant la mienne Tappelie.. .
Maintenant, abordons la joute fraternelle
En champions loyaux. Donnez-nous les fleurets.
LAERTE
En effet, Monseigneur, puisque nous voici prêts.
Osric s'occupe de faire un choix de fleurets. HAMLET, avec enjouement.
Je vais être pour sûr votre plastron, Laerte. Ma maladresse ici me répond de ma perte , Et vous fera briller, comme Tobscurité Fait d'une étoile au ciel mieux jaillir la clarté.
LAERTE
Vous raiUez, Monseigneur.
Non pas, je vous Fatteste.
LE ROI, BUègrement.
Les fleurets, jeune Osric ! Montrez- vous donc plus leste.
Osric se dirige vers Hamlet et Laerte , avec un certain nombre de fleurets â la main .
Hamlet! vous connaissez les clauses du pari?
Si bien, Sire, ma foi, que j'en ai presque ri : Votre enjeu, j'en ai peur, court un danger extrême A reposer ainsi sur la faiblesse même.
LE ROL
Mais non , j'ai bon espoir. Je vous ai vus tous deux.
408 IIAMLET.
Et je ne juge pas mon pari hasardeux.
Mon fils reçoit des points : la chance est toute nôtre.
Oiric préiénle successivement plusieurs fleurets à Hamlct et à Laerte. LAERTE, en essayant rapidement un ; à Osric.
Je le trouve un peu lourd: laissez -m'en prendre un autre.
Il choisit de nouTeau et prend des mains d'Osric un fleuret démoucheté. H AMLET , après avoir soupesé le fleuret qu'il a pris.
Le mien me va.
A Osric.
Sont-ils tous d'égale longueur ?
OSRIC.
Je les ai mesurés : ils le sont^ Monseigneur.
Hamlet et Laerte prennent position. *
LE ROI 9 auz'serviieurs.
Déposez les flacons de vin sur cetle table.
A Tassisiance.
Si c'est Hamlet qui porte en vainqueur véritable
Les trois premiers bons coups, je veux qu'à chaque fois
Le canon aussitôt fasse entendre sa voix.
Alors à sa santé chacun me verra boire ,
Et jeter dans la coupe, en hommage à sa gloire,
Une perle sans prix , et telle en ses splendeurs
Qu'on n'en vit chez aucun de mes prédécesseurs.
A un serviteur.
Ma coupe auprès de moi ! . . . Que timbale et trompette ,