‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 3 sur 238 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Grâce aux rapports de la langue anglaise et de la langue allemande ^ on a pu traduire les pièces de Shakespeare en vers allemands avec une fidélité presque littérale. Mais comment soumettre à la régularité de notre alexandrin les caprices d'une poésie aussi variée et aussi féconde que celle du théâtre anglais? Comment surtout reproduire, sans choquer des lecteurs particulièrement sensibles à rhaimonie et à Tunité du ton, les disparates du style de Shakespeare? Quel vers français sera assez souple pour passer tout à coup, sans aucune nuance intermédiaire, de Textreme énergie à la subtilité la plus raffinée, de la simplicité à Temphase, de la délicatesse à la grossièreté , du patliétique au bouffon ? Dans son inépuisable abondance, la langue de Shakespeare, la plus riche qu'il y ait au monde, ressemble à un tapis tissé des fils les plus rares et les plus divers, de Tétofte le mieux fournie et la plus épaisse, mais dont les teintes trop nombreuses ne se fondraient pas toujours dans une harmonie définitive. Là où manquent les

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