SCÈNE PREMIÈRE
A Fores. Un appartement dans le palais.
Entre BÀNQUO.
BANQUO, seul.
Te voilà devenu tout ce qu'avaient promis
Les arrêts du destin : Gawdor et roi, Glamis!
Mais qui peut voir, au fond de ce drame insondable ,
Si tu ne jouas point le jeu le plus damnable?...
Les sœurs ont dit encor que, de ta royauté,
Rien ne se transmettrait à ta postérité,
Tandis que je serais et le père et la tige
D'une suite de rois ! A cette heure , ô prodige !
Ce qu'elles ont prédit est une vérité
Pour l'un !.. . Alors pour l'autre ?. . . Est-il donc décrété ,
Si vaine que je juge une telle espérance,
Que mes fils régneront?... Mais quelqu'un vient. Silence!
Knireoc Macbeth roi,lac]y Macbeth reine, Lenoi, Ro«te , teigoeart et dames de la suite. Macbeth et lady Macbeth ont la couronoe en téie. Fanfares à leur entrée.
MACBETH^ faisant é Banquo Taccueil le plus empressé.
Voici le plus aimé de nos hôtes.
66 MACBETH
LADY MACBETH
Sans lui , Vide eût été la fête, et le charme en eût fui.
MACBETH
Nous requérons, Banquo, votre présence amie Au grand festin d'honneur et de cérémonie Que nous donnons ce soir.
BANQUO
Votre Grâce ' sait hien Qu'à tous ses vœux m'enchaîne un dévoûment ancien.
MACBETH
Montez-vous à cheval avant dîner?
BANQUO
Oui , Sire , J'en ai fait le projet.
MACBETH
C'est fort bien. Je désire Sur maintes questions vos avis précieux :
Nous les prendi'ons demain au conseil... Vers quels lieux
Dirigez- vous vos pas?
BANQUO
Pour ma course lointaine Ce qu'il reste de jour pourra suffire à peine ;
* Titre qui, ju8qu*à Henri VIII d'Anglcten*e , équivalait, pour lc« rois de ce pays, à celui de Majesté, et que Shakespeare introduit par assimilation à la cour écossaise.