ACTE m, SCENE I
Mais, dût jusqu'à la nuit marcher mon bon cheval, Je serai de retour pour le banquet royal.
MACBETH
N*y manquez pas au moins.
BANQUO
Mon devoir le commande.
J'apprjends que nos cousins cherchent Tun en Irlande
Et l'autre en Angleterre à se réfufjier.
On les entend, dit-on , effrontément nier
Leur parricide impie, et par cent impostures
A l'envi s'efforcer, en nous couvrant d'injures,
De rejeter sur nous leur culpabilité.
n faut que tout ceci demain soit agité
En conseil. Plusieurs points d'une égale importance
Nous font y désirer votre utile présence...
Mais nous vous retenons. A cheval! Hâtez-vous!...
Dans cette excursion votre fils, dites-nous,
Vous accompagne-t-il ?
BANQUO
Oui, Sire.
MACBETH, lui tendant U main.
A vos montures Nous souhaitons vitesse et solides allures.
Adieu.
Banquo s'incline profondément, et tort.
A tonte l'assittance.
Je donne à tous entière liberté :
Le plaisir par chacun sera bien mieux goûté, Au banquet de ce soir lorsque vous et nous-même Nous nous retrouverons. Allez et que Dieu sème Ses grâces sur vos pas.
Lady Macbeth sort, suivie de toute la cour Un seul tenriteur, turuo ti^De de
Macbeth, est resté.
As-tu fait prévenir Ces hommes?
LE SERVITEUR
Ils sont là.
MAGRETH.
C'est bien ; fais-les venir.
Le servitear son.
MAGRETH, seul.
Etre OÙ je suis n*est rien, si je ne rends solide Un pouvoir chancelant. Ce Banquo m'intimide : Son caractère altier, pétri d'intégrité, A vivre avec l'honneur met trop d'austérité.
Il sait oser beaucoup : son esprit intrépide , Il est vrai , prend toujours la prudence pour guide ; Mais dès qu'il vise un but, il court droit au succès. Oh ! sa vie est un joug qui me pèse à l'excès. Son aspect paralyse et dompte mon génie :
Comme Antoine pliait devant César, je plie Devant lui !... Je l'ai vu gourmander sans effroi Les trois funèbres sœurs qui me saluaient roi, Et les sommer d'un ton de hautaine ironie