ACTE m, SCENE f
D'ouvrir devant ses yeux le livre de sa vie ; Elles ont dit alors :
Se frappant le front.
— Ces mots sont là brûlants ! — «i Qu'une race de rois sortirait de ses flancs , « Tandis que ma couronne et mon sceptre stérile u Tomberaient de mon front et de cette main vile , u Et , qu'avec moi , sans fils et sans postérité ,
u S'éteindrait pour toujours ma triste royauté ! »
Est-ce donc pour Banquo que j'ai perdu mon âme ? N'ai-je que pour ses fils commis un crime infâme ? Et n'aurais-je encouru que pour les créer rois L'enfer et ses tourments ?. . . Si ce sont là tes lois , Misérable Destin ! viens , descends dans l'arène : Nous combattrons. Je brave et ta rage et ta haine !
Éclalanl.
Les fils de Banquo , rois !
Rentre le serviteur, avec deux assattînt.
A part.
Les voici.
• Au serviteur, en le congédiant.
Veille bien :
Qu'il n'entre ici personne.
Aux astatsiiit.
Amis , notre entretien D'hier, en gardez-vous, dites-moi', la mémoire?
PREMIER ASSASSIN
Oui, ce qu*a dit le roi, le roi peut nous en croire, On s'en souvient.
MACBETH
Alors votre sajjacité A deviné Tauteur de votre adversité :
J*avais, daos votre esprit, causé votre indigence^ Mais je vous ai, je crois, prouvé mon innocence ; Et si quelqu'un vous a honteusement traités Et pour son seul profit sans scrupule exploités , A coup sûr c'est Banquo.
PREMIER ASSASSliN.
Gela saute à la vue.
MACBETH
La chose étant ainsi nettement reconnue , Etes- vous préparés à venger votre honneur?
Ou l'amour du prochain remplit-il votre cœur Au point que vous n'ayez ni haines, ni colères Contre l'infâme à qui vous devez vos misères?
PREMIER ASSASSIN
On est homme avant tout.
MACBETH
Qui donc y contredit?
On est homme. C'est vrai. De même que l'on dit : u C'est un chien » des sujets de la race canine. Mais dans le nombre il est des chiens de haute mine Ardents en chasse et fiers, aux instincts valeureux , Qui portent un nom propre et réservé pour eux. Tels, chez l'homme, ceux-là qui par le caractère Dépassent le niveau de la foule vulgaire