AVANT-PROPOS
Dans une page étincelante, consacrée au compte rendu du drame de M. Jules Lacroix : le Roi Lear y Théophile Gautier disait : « ... Mais un temps viendra, et ce temps « n^est pas éloigné, nous l'espérons, où Ton pourra jouer M Shakespeare intégralement , sans coupure , sans accom-* « modation d* aucune sorte. »
Ce que rUiustre et regretté poëte souhaitait pour le théâtre, je me suis efforcé de le réahser pour le livre.
En abordant la tâche de traduire en vers les principaux chefs-d'œuvre de Shakespeare , je me suis proposé d'en donner, au lieu d'une imitation libre, une version aussi scrupuleusement fidèle que possible, et qui empruntât tout son mérite à la reproduction « intégrale , sans coupure, sans accommodation d'aucune sorte » de ces immortelles créations.
C'est avec ce respect religieux du texte que j'ai écrit successivement Macbeth, Hamlet, Othello, et Roméo et
zTi AVANT-PHOPOS.
Juliette, compris dans les deux volumes que j'ose aujourd'hui présenter à l'appréciation du lecteur français. Enfermé dans mon rôle d'interprète consciencieux , toute mon ambition a été de ne rien altérer comme de ne rien laisser perdre du sublime orig^inal : j'ai suivi pas à pas mon modèle du premier vers au dernier, attentif à faire revivre, autant que mes forces me l'ont permis, les* moindres traits de l'originalité puissante du g^rand poète anglais.
Me suis-je approché du but ambitionné ? Le pubUc le dira. Son suffrage serait à la fois la récompense de mes efforts passés, un encouragement à les pousser plus loin.
Rordeaui, l"" octobre 1875.
MACBETH