SCÈNE VI
A Fores. La «aile des g^ardes.
Entrent LENOX et un autre SEIGNEUR.
LENOX
Oui, ces faits donnent lieu, nous le pensons tous deux , A des rapprochements bien étranges entre eux.
Atcc une amere ironie.
Duncan meurt poignardé. Comme Macbeth le pleure !.. Malavisé, Banquo va voyager à Theure Où la prudence veut qu'on ne voyage pas :
Il est tué ! Sur qui rejeter son trépas?
n MACBETH.
Évidemment, Fléance est l'auteur exécrable De ce meurtre : il a fui , c'est s'avouer coupable ! . . . Assassiner un père, un roi! Crime inhumain, Sans nom ! Accusons-en Malcolm et Donalbain Et lâcbons que l'on croie — oh! san{][lante ironie! - Aux pleurs que nous versons, l'horrible calomnie!.. Puis ces deux chambellans que sa sainte fureur Immole quand ils sont encor dans la torpeur Du sommeil et du vin ! Quelle action plausible ! Comme il était urgent pour toute âme sensible Qu'un aussi noir forfait fût soudain châtié ! Qui sait s'ils ne l'auraient si clairement nié Qu'on eût été contraint de leur laisser la vie?... Donnez-lui donc encore, en son auguste envie, Fléance et les deux fils de Duncan : que tous trois Viennent en son pouvoir à tomber une fois , Et l'on verra comment ce roi juste et sévère Sait frapper sans pitié les assassins d'un père ! . . .
Avec une ferveur soudaine.
Non ! Dieu ne voudra pas que ta race , ô Duncan I Périsse sous les coups de ce lâche tyran...
Ba2s»aot la toîi.
Mais chut!... Le sang ici montre partout sa trace... MacdufF a fui, dit-on : serait-il en disgrâce?
LE SEIGNEUR
Oui. — Malcolm à la cour d'Edward le Confesseur Reçoit, vous le savez, un accueil plein d'honneur : La spoliation de son grand héritage , Ses malheurs, son exil, sa grâce et son jeune âge
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£d émouvant les cœurs les enchaînent à lui.
MacdufT est près du prince. Il implore Tappui Du saint roi. Plaisç à Dieu que, promptement formée , Avec Nortbumberland il nous vienne une armée ! A ce prix nous pourrons, assistés du Seigneur, Voir enfin nos repas reprendre leur saveur , Nos nuits rompre le joug des longues insomnies, Le poignard oublier d'attenter à nos vies, Et les cœurs librement en transports éclater Pour Malcolm ! Qui de nous peut ne pas soubaiter Ce bonbeur?... De ces bruits le tyran s'inquiète, Et c'est dans la terreur qu'au combat il s'apprête.
LENOX
MacdufT reçut du roi sans doute un messager?
LE SEIGNEUR
Oui certe , auquel il dit ces mots gros de danger :
* Jamais Macbeth n'aura mon serment d'allégeance ! n
« Alors », fit l'envoyé, « redoutez sa vengeance. >»
LENOX
MacdufF devait donc fuir, de même qu*il fait bien Du puissant bras d'Edward d'invoquer le soutien. Ah ! que le Ciel inspire au grand roi d'Angleterre Le dessein d'arracher notre Ecosse si chère Au monstre qui la tient asservie à ses lois !
LE SEIGNEUR
Oui! Dieu sauve l'Ecosse et les fils de nos rois !
ils tortcnc.
Fin DU thoisiàmb actb.