ACTE IV, SCÈNE I. iOl
l'enfant couronné.
Ose avoir F arrogance Et l'orgueil du lion. Dédaigne, en ta puissance, Tous les complots ourdis dans l'ombre et le secret : Macbeth — jusques au jour où la grande forêt De Birnam * gravira le col de Dunsinane * , — Ne sera point vaincu !
MACBETH
Quoi ! ce seul danger plane Sur ma vie ? En ce cas il est tout conjuré :
Qui donc a le pouvoir d'arracher à son gré Des entrailles du sol l'arbre aux fortes racines Et de lui commander de gravir les collines ?
J'accepte avec bonheur cette prédiction :
Si le bois de Birnam marche... sédition !
Tu peux lever la tête. Une menace obscure Ne retranchera rien des jours que la nature M'assigne. Triomphant, superbe, redouté, Je vivrai jusqu'au terme où dans l'éternité Chaque mortel enfin doit rouler à son heure.
Je pars... Non ! 3e ne puis quitter votre demeure Sans que vous dissipiez la dernière terreur Qui m'envahit encore et me ronge le cœur.
Dites, oh ! dites-moi si l'odieuse race De Banque sur mon trône un jour doit prendre place ?
* La fbrét de Birnam est située à quatre lieues de Dunsinane.
' La chaîne de Dunsinane, sur le versant de laquelle était bâtie la demeure royale de Macbeth , se trouve dans le comté de Perth , en Ecosse.
102 MACBETH
LES TROIS SOEURS
G*est assez.
MACBETH, avec violence.
Répondez à cette question, La seule qui m'importe ; ou bien, damnation Étemelle sur vous I
Le chaudron s'abtme avec an grand bruit sous terre.
Aux éclats du tonnerre D*où vient que ce chaudron s'est englouti sous terre?
L ES TROIS SORCIÈRES
Tu le veux !
Les bras étendus comme dans une évocation.
Montrez-vous! Torturez-lui le cœur, Et puis disparaissez ainsi qu'une vapeur.
Huit fantômes de rois apparaissent. Ils marchent lentement â la 61e; chacun d'eux s'arrête un instant devant Macbeth. Le dernier tient un miroir à la main. Le spectre de Banquo suit ce cortège lugubre.
MACBETH, frappé d'épouvame, apostrophant tour à tour ces apparitions. Au premier Csntâme.
Tu portes tous les traits de Banque!... Passe! Arrière! Dans mes yeux ta couronne éteindrait la lumière.
Au second fantôme.
Ta chevelure à toi, second front cerclé d'or. Est celle du premier !
Le troisième fantôme passe.
Ciel ! un troisième encor, Tout semblable à celui qui précède !