ACTE IV, SCÈNE 111. it
MALGOLM.
Tes malheurs, pauvre Ecosse, ah ! j'en sais l'étendue ! Mais Dieu tient en ses mains la vengeance attendue.
Après une hésitation.
Macduff, pardonnez-moi... Tout est-il vérité Dans vos actes? Croirai-je à leur sincérité? Ce tyran dont le nom aujourd'hui déshonore Et brûle notre langue , avait naguère encore Le renom le plus pur : vous Taimiez chèrement ; D'où peut venir en vous ce complet changement? A mon âge on veut croire... et cependant, j'hésite : La trahison souvent passe pour un mérite Et trop de fois, hélas! tomba sous le couteau, Pour apaiser un Dieu , TincfFensif agneau !
MACDUFF
Prince, que dites- vous? Je ne suis pas un traître.
MALGOLM.
Mais Macbeth en est un ! Et sous un pareil maître L'honneur le plus robuste est prompt à dépérir. Dieu me garde pourtant de vouloir amoindrir Votre mérite en rien. La chute de l'Archange N'en a pas moins laissé l'angélique phalange Pure et brillante au ciel. Quand un front vicieux Prendrait de la vertu les dehors captieux , A cela que pourrait la vertu véritable ?
Elle ne peut changer son aspect immuable.
MACDUFF, avec abattemeot.
J'ai perdu tout espoir !
114 MACBETH
MALCOLM, aTccfeu.
Gomment aurais-je pu Ne pas douter de vous ? N'avez-vous point rompu D'un coup tous les liens les plus sacrés à F âme , Lorsque vous avez fui vos enfants, votre femme, Sans un seul mot d'adieu, sans un dernier baiser? Un tel acte est*il fait, dites, pour apaiser Le trouble involontaire où mon esprit balance ? Sans la blâmer , Macduff , plaignez ma défiance : Dans mon triste abandon elle est ma sûreté ; N'y voyez pas d'offense à votre honnêteté.
MACDUFF, douloureusement.
Tombe, patrie ! Et toi, triomphe, tyrannie!
Mesure ta puissance à ton ignominie :
Le droit cède le pas à l'usurpation !...
Prince ! on viendi*ait m' offrir la domination Du royaume qu'opprime un tyran exécrable, A la condition d'être le misérable Que... Vous y joindriez l'Orient comme appoint. Oh ! vous le savez bien que je n'en voudrais point.
MALCOLM
Ne soyez pas blessé , Macduff. Ma méfiance
Ne vous atteint pas seul... Je connais la souffrance
De l'Ecosse. Elle saigne, elle pleure et gémit:
Sous chaque coup nouveau son front penche et blêmit.
Je sais que, d'autre part, l'ardente sympathie
De tout le peuple anglais soutient ma dynastie,
Et qu'Edward, couronnant ses soins hospitaliers, .