‹ Chefs-d'œuvre de ShakespeareChapitre 77 sur 238 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

La vérité , rhonneur est la loi de ma vie :

Un seul culte est plus saint , Tamour de ma patrie ! Je donnerais mon sang pour TÉcosse ! . . . Siward , Apprends-le , cher Macduff , a sous son étendard Dix mille hommes rangés. Plaçons-nous à leur tète ; De notre cher pays la délivrance est prête ; Volons briser ses fers. Dieu saura nous bénir!

Contemplant MacdufF avec attendrissement.

Eh quoi ! des pleurs , ami !

MACDUFF. très-attendri et baisant la main de Malcolm.

Gomment me contenir , cher prince? Une joie ineffable m'inonde ; Mais laissez-la, si près d'une douleur profonde, S'épancher par des pleurs.

MALCOLM, serrant MacdufF dans ses bras.

Mon espoir est en toi !

Entre un médecin.

Cher docteur, pourrons-nous bientôt parler au roi?

LE MÉDECIN

Bientôt, prince.

Désignant une porte.

U est là des êtres misérables , Que notre art de tout temps a jugés incurables. Le saint roi va venir les toucher de ses mains , Et leur mal, pour lequel tous secours semblaient vains , Soudain disparaîtra sans plus laisser de traces. C'est un vrai don de Dieu.

120 MACBETH

MALGOLM.

Docteur, je vous rends grâces.

Le docteur sort.

MACDUFF

Quel est ce mal étrange objet de tant d'effroi?

MALGOLM.

Il est communément nommé : le mal du roi ' .

Cette œuvre sainte peut sembler miraculeuse,

Mais j'ai vu maintes fois la cure merveilleuse,

Et comment ne pas croire à ce qu'ont vu mes yeux?

Le roi , pour ceux qu'atteint ce mal pernicieux ,

N'a qu'à pendre à leur cou tuméfié d'ulcères

Une médaille d'or bénite en ses prières :

Il met fin à l'instant à leur infirmité.

Ce pouvoir revivra dans sa postérité.

Une autre grâce encore est au roi départie :

Il a reçu du ciel le don de prophétie.

Le peuple qui vénère en lui l'esprit de Dieu,

Dans son ardent amour le bénit en tout lieu.

Entre Kosse.

MAGDUFF.

Voyez qui nous arrive:

' ■ Le mal du roi. » Les écrouelles, aujourd'hui dénommées scrofules ou humeurs froides. La croyance populaire attribuait à Edouard le Confesseur le don de les ^érir. Holinshed ajoute dans sa Chronique, qui a fourni à Shakespeare les principaux incidents de la tragédie de Macbeth : • Edouard le Confesseur a également le don des prophéties. » On attribuait de la même manière, parmi nos rois, à Robert II et à saint Louis le pouvoir de guérir les écrouelles.

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